Un mois après le passage de Gezani, l’État se projette dans la reconstruction de Toamasina et ses environs. Une unité de coordination menée par un officier général du génie militaire est mise en place pour gérer les opérations.
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| Le colonel Randrianirina, durant sa prise de parole, à Toamasina, samedi. |
Un defi national. C’est ainsi que le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, qualifie la reconstruction de Toamasina. La ville et ses environs ayant été dévastées par le cyclone Gezani, dans la nuit du 9 au 10 février.
Pour relever ce défi, le locataire d’Iavoloha a annoncé, à Toamasina, samedi, la mise en place d’une Unité de coordination pour la reconstruction de la ville de Toamasina. À sa tête, il a nommé le général Razafindratovo Heritiana Ramasy, ancien secrétaire général du ministère de la Défense nationale. Ayant également été un ancien commandant de l’Académie militaire (ACMIL), d’Antsirabe, cet officier général a fait ses armes au sein du régiment des génie militaire.
Mettant l’accent sur les compétences et le leadership du général Ramasy, le président de la Refondation de la République défend également son choix par le fait “qu’en tant que militaire, nous avons besoin d’un leadership fort, d’une rigueur et d’une cadence soutenu”. Il ajoute que “cette unité constitue un instrument opérationnel au service d’une reconstruction rapide, efficace et transparente en parfaite cohérence avec la vision de la Refondation de la République qui place l’État au service direct du bien être des citoyens”.
Le mot d’ordre de la mission de cette unité a est alors de coordonner l’ensemble des initiatives publiques et des contributions des partenaires techniques et financiers. Elle assurera aussi le suivi des projets de reconstruction des infrastructures essentielles, de faciliter la relance des activités économiques et portuaires, ainsi que de veiller à ce que l’action publique reste au plus près des populations sinistrées, indique le Chef de l’État.
Un état des lieux
“La reconstruction de Toamasina ne doit pas être envisagée comme un simple retour à la situation antérieure et doit être une opportunité d’engager une reconstruction résiliente, plus moderne et plus inclusive, capable de préparer la ville aux défis climatiques et économiques des prochaines décennies”, soutient le colonel Randrianirina. Pour réussir ce challenge, il en appelle à la contribution des partenaires internationaux.
L’homme fort de l’État déclare alors, “(...) La renaissance de Toamasina est un défi national, mais c’est aussi une possibilité de démontrer que la coopération fondée sur la confiance, la transparence et l’efficacité peut produire des résultats tangibles pour les populations. (...) Ensemble nous pouvons faire en sorte que Toamasina se relève encore plus forte, plus résiliente et plus prospère”.
Un mois après le passage du cyclone Gezani, l’État décide donc d’orienter ses efforts dans la reconstruction. Après les quinze premiers jours où les efforts ont été concentrés dans les réponses d’urgence, les actions post-cycloniques seraient actuellement dans la période de relèvement. Elle est marquée par un désengagement progressif de l’État des actions d’urgence, pour avancer dans la reconstruction.
Dorénavant, le Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC), sera seul aux manettes des aides d’urgence indique le Chef de l’État. “Si besoin, nous pouvons solliciter les églises et les ONG [Organisation non gouvernementale] pour vous prêter main forte”, suggère-t-il, pour affirmer que l’État compte désormais se concentrer sur la reconstruction de la ville du Grand port.
Dans cette optique, le déplacement présidentiel à Toamasina, samedi, a aussi eu pour objectif de faire le point sur les actions déjà menées durant ce premier mois post-cyclonique et des défis à relever. Des représentants des forces vives de la ville ont été présents durant la séance de présentation des rapports par les différents responsables. Le locataire d’Iavoloha a noté qu’une des questions à laquelle l’opinion publique souhaite une réponse porte sur le volet financier, notamment, sur les aides internationales.
“Comme tout le monde, j’aimerai savoir combien ont été décaissées, combien ont été utilisées et combien reste-t-il?”, lance le colonel Randrianirina. Ainsi, arguant “qu’il est important que la population de Toamasina et le peuple malgache puissent mesurer pleinement la portée de cette solidarité internationale”, l’officier supérieur demande aux partenaires internationaux “de procéder dans les semaines à venir, à un état des lieux consolider des aides et de la donation mobilisée pour la ville de Toamasina et les zones environnantes”.
Probablement pour ne pas froisser les sensibilités, le Chef de l’État explique sa demande en déclarant, “cet exercice de transparence permettra, notamment, de présenter de manière claire et accessible, le niveau de décaissement effectif des financements annonces, de préciser la nature et le volume des aides effectivement distribués, de partager le nombre de ménages bénéficiaires touchées par le programme d’assistance”.
Selon le colonel Randrianirina, cet état des lieux permettra aussi, “de passer en revue les difficultés opérationnelles rencontrées dans la mise en œuvre et surtout d’évaluer l’impact concret de ces contributions sur la reconstruction de la ville et sur la résilience de la population”.
Garry Fabrice Ranaivoson
