Le thème de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes est, cette année, un appel à l’action. Elisa Randrianirina, Première dame de Madagascar, a souligné que la Journée du 8 mars est avant tout une occasion de faire le point pour garantir les droits des femmes.
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| La Première dame, Élisa Randrianirina, lors de la cérémonie officielle de 8 mars à Anosy. |
Dans un ton solennel et empreint de solidarité, Elisa Randrianirina, la Première dame de Madagascar, a lancé un appel collectif pour le respect des droits des femmes, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. « Je lance un appel solennel à tous. Il est de notre devoir de faire vivre, de respecter et de faire respecter les droits des femmes », a-t-elle déclaré dans son discours, hier, lors de la cérémonie de célébration de cet événement à Anosy.
Cet appel, elle l’a adressé aux hommes, aux membres des différentes plateformes œuvrant pour les droits humains, en particulier ceux des femmes, aux autorités spirituelles et traditionnelles, ainsi qu’aux responsables étatiques, représentés hier par le chef d’État, le colonel Michaël Randrianirina, ses hauts conseillers, des membres du gouvernement, des députées et d’autres institutions.
À Madagascar, où les femmes constituent 50,7 % de la population, beaucoup reste à accomplir pour assurer leurs droits. Les femmes dans le monde ne jouissent pleinement que de 64 % des droits dont disposent les hommes, selon la Première dame. Elle a attiré l’attention sur les nombreux problèmes et obstacles qui subsistent.
Appel
Elle a cité la violence basée sur le genre, le manque d’autonomie économique et financière, les mariages précoces et les grossesses précoces, les inégalités entre hommes et femmes dans l’accès aux emplois et aux responsabilités, l’insuffisance des services de santé adaptés, en particulier pour la santé sexuelle et reproductive et la maternité, ce qui contribue à l’augmentation de la mortalité maternelle, l’exclusion des droits fonciers et successoraux, ainsi que le manque de participation dans les instances administratives et consultatives.
Derrière les sourires et les belles tenues du carnaval d’hier, de nombreuses femmes cachent encore les difficultés liées au non-respect de leurs droits. « Mes frères refusent que je sois héritière des biens de nos parents », confie Ando.
« J’ai postulé à de nombreuses reprises dans des entreprises de construction, j’ai concouru avec des hommes, mais je n’ai jamais été retenue », déplore Felicia, ingénieure en travaux publics. « Mon compagnon m’a quittée lorsque je lui ai annoncé ma grossesse. Depuis, je m’occupe seule de mon enfant et j’ai dû abandonner mes études pour trouver un emploi », raconte une autre jeune femme.
Beaucoup de femmes ne portent pas plainte et subissent ces violences en silence, a reconnu le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina. « Pour ma part, je m’oppose fermement à ces violences, qui sont des crimes punis par la loi », a-t-il ajouté. Il a souligné que les filles ont le droit d’étudier au même titre que les garçons, de bénéficier d’un avenir prometteur et d’occuper des postes adaptés à leurs compétences. Il a également souligné qu’il est inacceptable de marier précocement les filles et qu’il est nécessaire de renforcer l’éducation des jeunes et de sensibiliser les communautés au mariage et aux grossesses précoces. Selon la Banque mondiale, 4 jeunes sur 10, âgées de 20 à 24 ans, se marient avant 18 ans. Par ailleurs, les femmes sont encore peu nombreuses à oser participer aux élections et à occuper des postes politiques.
« Toutes les femmes, qu’elles soient mères, épouses, sœurs ou filles, méritent respect et honneur. Ne soyons pas un obstacle, mais dressons-nous plutôt pour protéger et respecter leurs droits. Porter atteinte aux droits des femmes est un signe de faiblesse, tandis que les valoriser à leur juste place témoigne de la grandeur d’esprit des hommes. Les femmes sont le socle et la garantie de la continuité des générations », s’est adressé aux hommes le colonel Michaël Randrianirina.
Il a encouragé les associations œuvrant pour les droits des femmes ainsi que toutes les autorités étatiques à prendre des initiatives concrètes et à examiner de près les problèmes auxquels les femmes sont confrontées dans la société, afin d’assurer le respect de leurs droits à travers la mise en œuvre des mesures prévues par la loi.
« Si l’on souhaite valoriser véritablement les femmes, il est nécessaire de trouver des solutions durables pour remédier aux inégalités et insuffisances existantes. C’est précisément pour cette raison que des politiques publiques et des projets spécifiques ont été mis en place, visant à promouvoir et soutenir les femmes, qui restent une priorité dans la Refondation de la République», a indiqué Elisa Randrianirina. La Première dame a souligné que lorsque les femmes et les hommes avancent ensemble, le pays progresse plus rapidement.
Appel à la solidarité pour les femmes et les filles de Toamasina
Elisa Randrianirina adresse un message de réconfort aux femmes sinistrées : « Vous n’êtes pas seules. Nous, vos sœurs, sommes toujours prêtes à vous soutenir. »
Elle a également exprimé son espoir d’une reconstruction rapide des villages et d’un retour à une vie normale pour tous, affirmant sa détermination à apporter sa contribution personnelle à cet effort.
Miangaly Ralitera
