Les enseignants du lycée Jacques Rabemananjara ont suspendu les cours après le cyclone Gezani. Ils dénoncent de mauvaises conditions d’enseignement et réclament de l’aide.
![]() |
| Les cours se déroulent sous les eaux au lycée Jacques Rabemananjara. |
À Toamasina, les cours pour les élèves en classe d’examen, à savoir ceux de la 7e, 3e et Terminale, ont repris il y a près de deux semaines, suite à la visite de l’ancien Premier ministre sur place. Cependant, lundi dernier, le personnel enseignant du lycée Jacques Rabemananjara a décidé de suspendre toutes les activités pédagogiques et scolaires. Les enseignants dénoncent des conditions d’enseignement précaires ainsi qu’une inégalité dans l’aide apportée aux sinistrés, dont ils font également partie.
Dans une lettre adressée aux différents responsables de la Zone administrative pédagogique (ZAP) Atsinanana, à la Circonscription scolaire (Cisco) Atsinanana ainsi qu’à la Direction régionale de l’éducation nationale (DREN) Atsinanana, ils ont déclaré que les cours sont suspendus depuis lundi matin à 9 h jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.
« Depuis le passage du cyclone Gezani, il y a un mois, nous nous sentons délaissés. Nous ne pouvons plus travailler tant que nos conditions de vie et de travail, pour les enseignants comme pour les élèves, ne sont pas améliorées. Nos maisons sont également ravagées par le cyclone et nous devons aussi les réparer. Contrairement à d’autres, nous n’avons pas encore reçu l’aide financière. Nous trempons dans l’eau durant les cours dans des salles de classe inondées. Toutes les salles, tant à l’étage qu’au rez-de-chaussée, sont submergées et détruites. Les toits ne sont pas encore réparés et nous enseignons à ciel ouvert. Quand il pleut, nous sommes trempés, et le soleil nous tape sur la tête également. Les élèves ne sont pas du tout concentrés durant les études. Les travaux de reconstruction tardent et n’avancent pas du tout. Nous exigeons que l’électricité soit aussi réparée. Les cours s’arrêtent très tôt l’après-midi à cause de l’obscurité », a déclaré le porte-parole des enseignants.
Face à cette situation, les élèves s’inquiètent pour le programme scolaire, qui risque de ne pas être achevé à temps. « Les examens sont prévus au mois d’août, l’année scolaire est menacée car on est déjà au mois de mars», s’est inquiétée une élève du lycée.
Sur 29 000 élèves, seulement 36 % ont pu reprendre le chemin des écoles, ceux en classe d’examen, depuis deux semaines. La majorité des établissements scolaires ont été ravagés lors du passage de Gezani à Toamasina.
Pour assurer la continuité de l’éducation, l’Unicef a construit cinquante écoles provisoires dans la région Atsinanana, deux semaines après le passage du cyclone. Toutefois, cette mesure n’a pas suffi à accueillir tous les élèves.
Rappelons que des pluies diluviennes n’ont pas cessé de s’abattre dans la ville de Toamasina depuis une semaine, ce qui aggrave encore la situation de tous les habitants et sinistrés.
Vero Andrianarisoa
