Le musée, installé dans l’ancien palais de la reine Betia à Sainte-Marie, conserve de nombreux objets historiques et culturels uniques. Cependant, le bâtiment nécessite aujourd’hui une réhabilitation.
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| Vanghou Jacquit, responsable du musée de la reine Betia à Sainte-Marie, en pleine présentation. |
Au cœur de Sainte-Marie, le musée de la reine Betia constitue un véritable témoin de l’histoire et de la culture de l’île. Installé dans l’ancien palais de Marie-Élisabeth, dite Betia, ce lieu patrimonial rassemble de nombreux objets spécifiques illustrant l’identité de la région d’Analanjirofo et contribuant à l’attrait touristique de l’île.
Le site expose de nombreux objets liés à la vie quotidienne, aux traditions et à l’histoire de Sainte-Marie. Avant leur exposition, des recherches sont menées afin de retracer leur origine et de permettre leur reconstitution. Le musée joue également un rôle éducatif à travers des visites guidées et accueille régulièrement des étudiants venus effectuer des mémoires ou des voyages d’étude, ainsi que des écoliers et lycéens locaux.
Les collections reflètent les coutumes locales, comme le famadihana ou le vono-omby, ainsi que le respect traditionnel porté à la baleine, appelée « Zanahary be » à Sainte-Marie. Le musée conserve notamment plusieurs fragments de restes de baleines, dont un crâne de quatre à cinq mètres provenant d’un animal échoué en 2006, ainsi que d’autres ossements tels que l’omoplate, les nageoires, les côtes et la colonne vertébrale.
L’histoire des pirates, étroitement liée à celle de l’île, occupe également une place importante dans les expositions. Parmi les objets présentés figurent des clés, des statuettes, des figurines, des pièces de monnaie et des porcelaines issues du commerce maritime des XVIIe et XVIIIe siècles. À cette époque, les porcelaines chinoises des dynasties Kangxi et Wanli circulaient largement dans l’océan Indien, avant d’être parfois pillées par les pirates.
Traitement particulier
Le musée conserve aussi divers objets du quotidien : métaux forgés, pierres, graines d’amande, jeux traditionnels comme le katro, ossements, crâne de sanglier, ustensiles de cuisine en terre cuite ou encore tissus anciens appelés Dara Fanto. Autrefois, les habitants mangeaient souvent à même le sol, les aliments étant disposés sur des feuilles de ravinala.
Certains objets proviennent également de fouilles sous-marines et nécessitent un traitement particulier pour leur conservation. Ils sont placés en quarantaine dans de l’eau douce, renouvelée toutes les deux semaines pendant environ quatre mois, avant d’être séchés et éventuellement exposés. Plusieurs de ces pièces ont entre cinq et vingt-cinq ans. Le musée dispose par ailleurs d’une bibliothèque ouverte au public.
Le palais remonte à l’époque de la reine Betia. Vers 1750, lors de la signature de l’acte de cession de l’île à la France, la souveraine est exilée et l’édifice devient ensuite la résidence du gouverneur français. En 1991, le bâtiment est entièrement détruit par un incendie et reste en ruine pendant près de dix ans. Classé patrimoine national, il est finalement reconstruit et inauguré en 2000 par le président Didier Ratsiraka et le ministère de l’Information, de la Communication et de la Culture dirigé par Fredo Betsimifira, avant d’être occupé à partir de 2003.
Mais toute cette richesse patrimoniale est aujourd’hui en grand danger. Selon le responsable du musée, Vanghou Jacquit, le bâtiment, fragilisé par les intempéries, notamment la pluie et les vents marins, nécessite aujourd’hui une restauration.
Cassie Ramiandrasoa
