L’Institut médical de Madagascar (IMM) a réalisé une intervention cardiaque particulièrement délicate. Le succès de cette opération ouvre la voie à une meilleure prise en charge des crises cardiaques dans le pays.
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| L’équipe médicale a l’IMM a réussi à sauver in extremis un patient atteint de crise cardiaque. |
Sauvé in extremis. Un patient victime d’une crise cardiaque à Toliara, le 9 mars, a été pris en charge par l’équipe médicale de l’Institut médical de Madagascar (IMM) à Antananarivo, dirigée par le Dr Hariniaina Ravaoavy, cardiologue interventionnel, selon l’établissement. Il y a subi une angioplastie primaire près de 7 h 30 après l’apparition des premiers symptômes.
L’IMM indique que l’intervention a été réalisée avec succès, malgré sa complexité. « Le patient a présenté un bref arrêt cardiaque au cours de l’intervention. Nous avons eu recours au défibrillateur tout en poursuivant l’opération. Il s’en est sorti », confie une source au sein de l’hôpital.
La crise cardiaque, ou infarctus du myocarde, correspond à la mort irréversible d’une partie du muscle cardiaque. Il s’agit d’une urgence médicale généralement provoquée par l’obstruction de la circulation sanguine dans une artère coronaire. L’angioplastie consiste à introduire un cathéter jusqu’au cœur à travers les vaisseaux sanguins, au niveau d’un membre supérieur ou inférieur, afin de rouvrir l’artère obstruée.
Cette intervention doit idéalement être réalisée dans les six heures suivant l’apparition des premiers symptômes — douleur thoracique irradiant vers le dos, les épaules, la mâchoire ou encore le bras gauche — afin d’augmenter les chances de survie du patient.
Avancée
Cette opération représente une avancée significative pour l’offre de soins cardiovasculaires à Madagascar. L’angioplastie primaire est pratiquée au sein de cet hôpital depuis deux ans, mais jusqu’à présent dans le cadre d’interventions programmées, selon une source proche du dossier.
L’IMM souligne que cette récente intervention confirme qu’une prise en charge spécialisée de l’infarctus aigu du myocarde peut désormais être assurée localement, sans dépendre systématiquement d’une évacuation sanitaire à l’étranger. L’établissement affirme être en mesure d’assurer la prise en charge interventionnelle de l’infarctus aigu du myocarde, ainsi que la réalisation de coronarographies diagnostiques et d’angioplasties programmées.
« Nous avons mis en place un circuit d’urgence pour la prise en charge des cas urgents, qui ne nécessitent plus d’attendre des opérations programmées », indique une source au sein de l’hôpital.
Miangaly Ralitera
