Excédée par la recrudescence des accidents, une foule bloque la rocade à Soavimasoandro avant l’intervention de la police.
![]() |
| La police négocie la levée des barrages. |
Hier matin, les habitants de Soavimasoandro ont bloqué la circulation sur le passage piéton de la rocade Tsarasaotra–Ivato pour dénoncer la série d’accidents corporels et mortels survenue depuis l’ouverture de la rocade.
Face aux pneus enflammés et aux barrages improvisés, les voitures et les motos ont été contraintes de rebrousser chemin. La colère s’est exprimée avec force. « On traverse ici en risquant sa vie, il faut une passerelle ou un passage souterrain », martèle une mère de famille. Un autre riverain ajoute : « Nous ne voulons plus attendre qu’un autre voisin meure pour que les autorités réagissent. »
Cette mobilisation fait suite à deux drames récents. Mardi, une motocyclette a renversé une femme sur ce même passage piéton, lui brisant la jambe. Le lendemain, une femme enceinte, envoyée par son mari acheter du sucre, a été fauchée par un 4x4. Elle est décédée sur le coup.
« C’est insupportable, on ne peut plus rester silencieux », confie un commerçant du quartier, encore choqué par la scène.
La police est intervenue pour éviter l’escalade. Après plusieurs minutes de négociations, les barrages et les pneus brûlés ont été dégagés et la circulation a pu reprendre.
Sensibilisation
En parallèle, les agents du commissariat d’Analamahitsy ont mené une campagne de sensibilisation. Les piétons ont été invités à n’emprunter que les passages dédiés et les conducteurs à ralentir et à céder le passage. Mais pour les riverains, ces initiatives ne suffisent pas.
« On nous parle de prudence, mais le vrai problème, c’est l’absence d’infrastructures », témoigne un habitant qui a récemment perdu un proche dans un accident suivi d’un délit de fuite sur la rocade.
Pour certains automobilistes, le problème réside plutôt dans le non-respect du code de la route. Sur cette quatre-voies, la logique voudrait que la voie de droite soit réservée aux véhicules lents et la voie centrale aux plus rapides. Or, on y croise des camions roulant à 40 km/h au milieu de la chaussée, obligeant les automobilistes à doubler par la droite. « Ici, chacun conduit comme il veut, et ce sont les autres qui en paient le prix », soupire une jeune femme.
Gustave Mparany
