NANISANA - La police met fin aux méfaits d’un maître chanteur

Un faux inspecteur de police espionnait des couples pour leur soutirer de l’argent. Il a été arrêté à Nanisana.

Le suspect a été interrogé dans ce commissariat d’Analamahitsy avant d’être transféré à la SUT où d’autres plaintes ont été reçues. 

Actuellement en garde à vue à la Sûreté urbaine de Tananarive (SUT), après son arrestation par la police du huitième arrondissement le 5 mars à Nanisana, un mécanicien d’Itaosy, qui se faisait passer pour un inspecteur de police, a vu son petit manège s’effondrer.

Parmi ses victimes figure une députée, preuve que son manège ne visait pas uniquement des anonymes sortant des chambres. Pendant des semaines, il a rôdé sur son scooter et suivi des couples. Il les photographiait en cachette et les menaçait de tout révéler. Sa mise en scène était bien rodée. Il se présentait comme un policier infiltré, citait le nom d’un haut gradé pour donner du poids à ses menaces et exigeait de l’argent.

Mais les policiers du Commissariat de la sécurité publique d’Analamahitsy (CSP8) ont mis fin à ses manœuvres. Ils l’ont intercepté au rond-point, près de l’ambassade de Chine.

L’homme de 38 ans a été interrogé à la suite d’une première plainte. Trois autres victimes se sont ensuite manifestées, dont la députée. Jusqu’ici, au moins cinq personnes ont déposé plainte.

Autres victimes

D’après les victimes, cet homme attendait qu’un couple sorte d’une chambre, le filmait et le suivait jusque chez lui. Il expliquait à ses victimes qu’il avait pour mission de surveiller la prostitution et qu’il pouvait ruiner leurs vies en quelques clics. Certains cédaient et payaient. D’autres ont refusé et ont vu leur foyer exploser. Car l’escroc ne se contentait pas de menacer, il insinuait aussi et semait le doute. Il affirmait que l’un était marié, que l’autre trompait son conjoint, et les disputes éclataient aussitôt. Des couples se sont séparés et des familles ont été déchirées.

Il ne visait pas seulement les clients des chambres. Il s’en est également pris à des passants, des collègues surpris ensemble dans la rue, des proches discutant tranquillement. Tout devenait matière à chantage. Sa caméra transformait la banalité en scandale. Il jouait au détective de la vie privée, persuadé que la peur se monnaye mieux que la mécanique. Poursuivi pour de multiples infractions, ce faux policier, qui se prenait pour un espion de chambre, devra répondre de ses actes. Il a fini par tomber dans son propre piège.

Gustave Mparany

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