Un receveur de taxi-be a été condamné à vingt ans de travaux forcés pour le meurtre d’un opérateur économique franco-allemand à Mandrosoa Ivato.
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| Escorté dans le fourgon pénitentiaire, l’accusé retourne à Tsiafahy, où il est incarcéré depuis janvier 2023. |
Vingt ans de travaux forcés. C’est la peine infligée hier, dans la salle 5 du Palais de justice d’Anosy, à un ancien receveur de taxi-be reconnu coupable du meurtre d’un opérateur économique domicilié à Mandrosoa Ivato, détenteur de la triple nationalité française, allemande et malgache.
Le crime remonte au 14 janvier 2023. L’accusé, âgé de 28 ans, déjà jugé en novembre 2023 avec un autre receveur et un employé de la victime, avait formé un pourvoi en cassation en raison de l’absence de son procès-verbal dans le dossier. C’est pourquoi il a comparu de nouveau devant une Cour recomposée.
Après avoir renvoyé une autre affaire impliquant des accusés somaliens, faute d’interprète assermenté, la juge a convoqué les deux receveurs. L’un d’eux, non directement concerné par ce procès, a été invité à quitter la salle avant d’être rappelé pour témoigner.
Accusé de meurtre prémédité et de vol avec violence, le principal protagoniste, père d’un enfant, a nié les faits. Il a affirmé qu’il n’était pas présent près de la résidence de la victime le jour du drame, prétendant avoir disputé un match de football.
Explications décousues
« Ne mentez pas. Vous avez avoué lors des enquêtes précédentes. Vous croyez que nous n’avons pas lu ces documents avant de venir ici ? Vous changez de version à chaque étape : enquête à la gendarmerie, première comparution, instruction au fond, première audience. Le dossier est là. Voulez-vous que je lise vos déclarations ? Vous avez reconnu avoir reçu 120 000 ariary pour participer à l’assassinat », a répliqué la présidente, entourée de quatre assesseures, d’un ton ferme.
Les explications décousues de l’accusé ont visiblement irrité la magistrate, qui a lu ses aveux consignés dans le dossier. Selon ces éléments, le receveur aurait été sollicité par un certain Ando, fils illégitime du défunt, pour l’accompagner et remettre un prétendu cadeau à son père. Avec l’autre receveur, ils se seraient rendus chez la victime avant de l’éliminer.
Pour l’un des avocats représentant la partie civile, Ando (toujours en cavale) est le véritable instigateur du crime. En tant qu’enfant unique, bien que renié, il aurait voulu hériter des biens de son père en le supprimant.
« Cette affaire est limpide. Tous les éléments établissent la culpabilité de cet homme ici présent. Le meurtre n’a pas été commis par une seule personne. Quant aux dommages et intérêts, aucune somme ne peut racheter une vie », a martelé l’avocat.
L’accusé a soutenu qu’il avait été torturé par les gendarmes et interrogé seulement après cinq jours de garde à vue. Devant la Cour, il a déclaré ne plus avoir toute sa lucidité, expliquant ainsi ses incohérences. Mais les témoignages de son codétenu l’incriminent directement. La procureure générale, elle, a requis l’application stricte de la loi.
Le Franco-Allemand avait été tué chez lui. Les gendarmes avaient découvert son visage enveloppé de cellophane, sa bouche bâillonnée et ses mains ligotées avec du ruban adhésif. De l’argent, des bijoux et un ordinateur portable avaient été dérobés.
Gustave Mparany
