MAMITIANA RAJAONARISON - “ La réussite est notre seul choix ”

La passation entre le nouveau Premier ministre et son prédécesseur s’est tenue, hier, au palais d’État de Mahazoarivo. D’entrée, le nouveau chef du gouvernement a fixé le cap en parlant d’obligation de résultats pour lui et ses collaborateurs.

Le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, durant son échange avec la presse, hier, à Mahazoarivo.

La réussite. Selon Mamitiana Rajaonarison, nouveau Premier ministre, c’est la seule option qui se présente à lui et à ses futurs collaborateurs au sein du gouvernement, dans la conduite des affaires étatiques. À l’entendre, le mot d’ordre qu’il s’impose à lui-même et qui sera celui des futurs ministres sera “l’obligation de résultat”.

Ce mot d’ordre, le Premier ministre Rajaonarison l’a affirmé durant son discours de prise de fonction, hier, au palais d’État de Mahazoarivo. Quelques instants auparavant, il signait le dossier de passation de service avec son prédécesseur, Herintsalama Rajaonarivelo. “Il n’y a pas d’autre option ici que la réussite. Aujourd’hui, c’est le résultat qui compte, car c’est ce que le peuple malgache attend. Et le peuple malgache n’a plus la patience d’attendre (...)”, déclare-t-il alors.

“Tout comme le peuple, j’attends de vous des résultats rapides et concrets”, a juste déclaré le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, durant la présentation du nouveau Premier ministre, au palais d’État d’Iavoloha, dimanche. Dans cette optique, Mamitiana Rajaonarison prévient d’emblée ses collaborateurs au sein de la primature. “Ainsi, ceux qui travailleront avec moi ici devront adopter cette vision : ce sont les résultats qui comptent, pas seulement le travail accompli”.

“Autrement dit, nous ne parlerons pas ici d’indicateurs d’activité, mais d’indicateurs de résultats”, enchaîne le nouveau Premier ministre. Un message qui s’adresse également aux futurs membres de son équipe gouvernementale. Comme il l’a affirmé durant une séance de questions-réponses avec la presse, en marge de la cérémonie de passation d’hier, la prochaine étape sera la composition du nouveau gouvernement.

“Cela devrait se faire rapidement, la décision appartiendra au Président, mais je pense qu’il a déjà une idée de ce qu’il cherche. Nous allons juste échanger sur comment procéder et il va ensuite prendre sa décision. Mais ce ne sera pas long”, assure le nouveau locataire de Mahazoarivo.

Selon le dernier alinéa de l’article 54 de la Constitution, le président de la République, en l’occurrence, celui de la Refondation de la République, nomme ou met fin aux fonctions des membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre. À entendre Mamitiana Rajaonarison, il compte faire des propositions au Chef de l’État, autant sur l’identité des ministres que sur la structure du nouveau gouvernement. Il réitère toutefois que la décision appartient au locataire d’Iavoloha.

Des ministres choc-choc

Au palais d’État d’Iavoloha, dimanche, le colonel Randrianirina a, par ailleurs, souligné que sa “droiture”, et sa capacité à prendre “des décisions courageuses”, l’ont décidé à nommer Mamitiana Rajaonarison au poste de Premier ministre. Selon ce dernier, hier, ces deux points devraient figurer en ligne de compte dans le casting des futurs ministres. Il affirme également que lui et le Chef de l’État veulent “des ministres choc-choc, capables de produire des résultats immédiats”.

Le terme choc-choc, populaire des années 80 et 90 dans le langage courant malgache, désigne une personne dynamique et résiliente. À s’en tenir aux propos du Premier ministre, en plus de la compétence et de l’expérience, la droiture, le dynamisme et la résilience seront les critères de sélection des membres de la future équipe gouvernementale. En réponse à la presse, il ajoute une qualité à ces critères, celle d’être “rassembleur”.

Mamitiana Rajaonarison souligne, en effet, qu’une des missions que l’homme fort de la République lui a confiée expressément dans son allocution de dimanche est “de rassembler tous les Malgaches, les forces vives de la nation”. Bien qu’il parle d’obligation de résultats comme mot d’ordre, et qu’il ait esquissé ce qui pourrait être les critères de sélection des futurs ministres, le nouveau chef du gouvernement n’a cependant pas parlé de ses priorités dans la mise en œuvre de la politique étatique.

À entendre le Premier ministre Rajaonarison, il devrait y avoir “quelques réajustements” au Programme de mise en œuvre de la Politique générale de la Refondation (PMO - PGR). Selon la Constitution, “dans les trente jours de sa nomination, le Premier ministre présente son programme de mise en œuvre de la politique générale de l’État au Parlement (...)”. Il devrait donc en dire plus devant les députés.

Dans son discours-programme devant le Parlement, en novembre, Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre sortant, a décliné les actions gouvernementales en quatre axes prioritaires qui sont : la stabilité de l’État et la résolution des urgences sociales, l’organisation de la concertation nationale, la réforme institutionnelle et juridique, et enfin l’organisation des élections et le retour à l’ordre constitutionnel.

C’est dans ce programme que le chronogramme des vingt-quatre mois pour la Transition a été affirmé. Un chronogramme qui a été pris comme base pour l’édification du Programme de la Refondation de la République, remis à la Communauté des États d’Afrique australe (SADC). Sur ce sujet, Mamitiana Rajaonarison affirme qu’il s’agit d’un programme présidentiel, “mon rôle est de le mettre en œuvre”.

Garry Fabrice Ranaivoson

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