L’audit de la Cour des comptes a mis en lumière des anomalies liées aux semences de riz hybride importées et distribuées à Madagascar en début de l’année 2025.
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| Un riziculteur transporte des gerbes de riz fraîchement récoltées. |
Les semences de riz hybride importées et distribuées à Madagascar, en 2025, ont été contaminées. Trois laboratoires, à savoir le Centre National de la Recherche Appliquée au Développement Rural (Fofifa), la Direction de la production végétale (DPV) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (La Réunion) ANSES-CIRAD7, ont détecté la présence du champignon Tilletia barclayana (horrida) sur des échantillons de ces semences, selon le rapport sur l’Audit du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage et du Secrétariat d’État auprès de la présidence en charge de la souveraineté alimentaire. Le traitement phytosanitaire appliqué par la société exportatrice n’a pas permis d’éliminer le champignon, précise ce rapport.
Le taux d’infestation relevé par la DPV varie entre 32 % et 97 % pour les échantillons prélevés au port de Toamasina, tandis que ceux prélevés à Vakinankaratra affichent un taux compris entre 96,5 % et 100 %.
Risques
Cette découverte a provoqué des divergences au sein de l’administration. Le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a recommandé de ne pas utiliser ces semences, alors que le Secrétariat d’État chargé de la souveraineté alimentaire les a encouragées. Alfred Rakotonirina, président de la Fédération des riziculteurs, explique: « Pour ma part, j’ai suivi les consignes du ministère de l’Agriculture, je ne les ai pas utilisées ». Malgré tout, 120,25 tonnes de semences ont été distribuées dans douze régions du pays.
Les scientifiques alertent sur les risques de ces semences contaminées sur la production locale. « Ce champignon n’est pas encore répertorié à Madagascar, les semences locales sont ainsi particulièrement sensibles. Elles pourraient contaminer les variétés indigènes et réduire considérablement les rendements », indique un chercheur.
Des riziculteurs ont déjà constaté une baisse de productivité dans les rizières où ces semences ont été employées.
L’audit souligne que Tilletia barclayana peut entraîner des pertes quantitatives et qualitatives importantes. Résistant à tout traitement phytosanitaire, il constitue une menace pour les rizières, pour les autres variétés rizicoles et pour les futures exportations de Madagascar. La contamination affecte également la qualité du riz stocké et compromet durablement les zones de culture. « Un cas similaire s’est produit en 2017. À l’époque, les autorités ont osé arracher les plants et brûler les semences », indique une source.
Miangaly Ralitera

Qu'est-ce que vous attendez pour coffrer cette " pute " de Rainilainga au secrétariat de la souveraineté alimentaire ?
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