Les autorités et les membres de l’Organe mixte de conception (OMC) à Mahajanga multiplient leurs descentes ces derniers jours. Ce, face à la recrudescence de l’insécurité dans la ville, particulièrement durant la nuit.
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| Les infractions sont légions au niveau des débits de boissons et boîtes de nuit à Mahajanga. |
Une opération de contrôle inopiné dans les bars et débits de boissons, des discothèques ou boîtes de nuit, karaokés ainsi que des snack-bars et restaurants, a été organisée samedi soir dans le fokontany de Mahajanga Be et jusqu’à Mahavoky Atsimo, Ampasika et leurs environs.
Sur seize établissements contrôlés, douze ont été fermés, dont deux boîtes de nuit, l’une à Mahajanga Be (Le Zanzibar) et l’autre (La Majungaise) située à Ampasika, en face du jardin municipal Santatra.
L’opération a été conduite par le maire de la commune de Mahajanga, en collaboration avec les représentants de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de la police municipale. Les contrôles ont révélé que la majorité des établissements ne disposaient pas des documents requis, notamment les cartes statistiques, le Numéro d’identification fiscale (NIF) et le Registre du commerce (RCS).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement de la sécurité dans la ville, de la régularisation des activités commerciales des établissements et débits de boissons et restaurants. Et aussi face aux plaintes des habitants contre les tapages nocturnes.
« Nous estimons que ces lieux sont les repaires des malfaiteurs pour se cacher après leur forfait. On a aussi constaté que des mineurs y sont employés. Il est surtout inconcevable que des boîtes de nuit et bars ainsi que snacks ne possèdent pas une autorisation d’ouverture en règle. Certains exercent avec des documents expirés en date de 2017. Des restaurants et snacks confondent également leurs activités limitées à la restauration avec la vente de boissons alcoolisées. D’autres sont transformés en discothèque alors que l’autorisation est établie à un débit de boissons ou au snack uniquement. Toute autorisation devra être délivrée par la commune de Mahajanga avec la contribution directe de la préfecture», a déclaré le maire de Mahajanga.
Voie publique
Un snack situé à Mahavoky Atsimo a été pris en flagrant délit de vente de boissons alcoolisées, une activité non conforme à son autorisation limitée à la restauration et au snack.
L’emplacement sur la voie publique a été également constaté, avec des tables et chaises installées à l’extérieur du snack à Mahavoky Atsimo. De gros haut-parleurs, avec le volume lancé à fond, sont disposés également à l’extérieur dès 19 h.
« Nous avons retiré six papiers durant la descente. La moitié des responsables de ces établissements ont répondu à l’appel auprès de la Police nationale après le procès-verbal de notification. Les procédures de cessation d’activités vont être entamées si les autres récalcitrants ne répondent pas dans les plus brefs délais à cette convocation. Ensuite, la mesure administrative pour la décision de fermeture définitive sera appliquée », a expliqué un commissaire de police.
Les horaires d’ouverture et de fermeture des bars, débits de boissons et discothèques doivent être strictement respectés. Certains établissements sont également appelés à régulariser leurs dossiers administratifs.
À Mahajanga, entre 2017 et 2024, 175 bars ont été recensés, dont trente établissements sont en situation régulière. L’emplacement des débits de boissons ne respecte pas la loi en vigueur.
Les établissements scolaires, les hôpitaux ainsi que les casernes militaires et zones administratives sont entourés de bars. La distance de 150 m autour de ces zones rouges n’est pas du tout respectée.
Face à cette situation, la loi est largement ignorée, les responsables baissent les bras, et la gabegie continue de régner.
Vero Andrianarisoa
