La ville de Toamasina a été le théâtre, ce mardi, de manifestations de sinistrés. Ils ont exprimé leur détresse face aux conséquences dévastatrices du cyclone Gezani.
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| Manifestation des habitants d’Analamboanio pour dénoncer l’insuffisance de l’aide, image extraite d’une vidéo d’Antsiva Radio. |
Des sinistrés du fokontany d’Analamboanio, dans la commune urbaine de Toamasina, ont défilé dans les rues en brandissant des pancartes, hier. Ils souhaitaient alerter les autorités sur leur situation critique et dénoncer l’insuffisance de l’aide qui leur parvient. « Depuis ce sinistre, nous n’avons reçu qu’un kilo de riz », signalent ces manifestants. Ils se sont plaints du non-versement de l’aide financière au niveau de leur fokontany. « La nourriture, on peut en trouver. Mais ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de l’argent pour rebâtir notre maison qui a été totalement détruite par le cyclone», lancent-ils. Ils dénoncent un décalage entre les promesses officielles et la réalité sur le terrain. « Pourquoi les sinistrés des communes périphériques en ont-ils déjà bénéficié, et pas nous ? », s’interrogent-ils.
La majorité des maisons endommagées et détruites par Gezani n’ont toujours pas été réhabilitées depuis le passage de ce cyclone. À Analamboanio, certains sinistrés vivent au milieu des tombes. Ils ont installé un foyer de fortune dans le cimetière de Marokarazana. « Certaines ne possèdent même pas de toiture, et lorsqu’il pleut, les occupants viennent se réfugier dans les cases voisines qui en ont une », témoigne Nina Arthur, présidente du fokontany d’Analamboanio. Selon elle, dans son fokontany, sur les neuf cents foyers recensés, très peu ont été réhabilités. La majorité des sinistrés n’ont pas les moyens d’acheter les matériaux de construction nécessaires, malgré les mesures prises par l’État pour les vendre à prix réduit.
Transferts monétaires
Analamboanio n’est pas le seul à réclamer de l’argent. « Des sinistrés ont déjà haussé le ton dans notre fokontany, mais nous avons essayé de les calmer», lance Joli-André Razafimamonjy, président du fokontany Morafeno.
Un communiqué de presse du Fonds d’intervention pour le développement (FID), en date du 20 février, a souligné l’organisation du programme Asa Vonjy Voina pour soutenir 51 000 ménages sinistrés après le passage du cyclone Gezani, soit la moitié des ménages sinistrés, compte tenu du dernier bilan des dégâts de Gezani, publié par le Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC) le 19 février. « Afin de répondre aux besoins essentiels immédiats des ménages sinistrés, des transferts monétaires non conditionnels (TMNC) ont été déployés. Chaque ménage bénéficiaire reçoit une aide de 280 000 ariary (2 transferts de 140 000 ariary) destinée à couvrir les dépenses prioritaires et à amorcer la reprise des activités après le choc », selon ce communiqué.
Les interventions sont étalées sur une période de six mois et combinent des transferts sociaux et des activités argent-contre-travail. Elles sont mises en œuvre par le FID, sous la coordination du ministère de la Population et des Solidarités et du BNGRC, avec le soutien financier de la Banque mondiale.
Les sinistrés réclament que personne ne soit oublié lors de la distribution de l’aide financière. « Tout le monde a été touché, aucun ménage ne doit être laissé pour compte », soulignent des présidents de fokontany qui les représentent.
Miangaly Ralitera
