SÛRETÉ MARITIME - Les États-Unis retirent les exemptions portuaires à Madagascar

La Garde côtière américaine a décidé de retirer les exemptions de sûreté portuaire accordées à Madagascar. Cette mesure est motivée par des préoccupations liées au respect des normes antiterroristes.

Une photo des installations du port de Toamasina.

Un signal d’alarme. C’est ce que la Garde côtière américaine, ou United States Coast Guard, brandit contre Madagascar. Dans une notification publiée le 12 février, elle fait part de la révocation des exemptions de sûreté portuaire dont bénéficiait la Grande Île. Une décision qui prend effet à partir de ce jour.

Le principal motif avancé est que les autorités américaines estiment que Madagascar ne parvient plus à respecter les normes de sûreté antiterroristes requises. En conséquence, « la Garde côtière est autorisée à imposer des conditions d’entrée plus strictes aux navires arrivant dans les eaux des États-Unis en provenance de ports pour lesquels elle a constaté l’absence de mesures antiterroristes efficaces [dont ceux de la Grande Île] », rapporte la notification du 12 février.

Les exemptions portuaires constituent un mécanisme clé de la politique de sûreté maritime américaine. Elles sont accordées aux pays dont les ports sont jugés conformes aux exigences américaines en matière de lutte contre le terrorisme maritime. Lorsqu’un pays bénéficie de ces exemptions, les navires ayant fait escale dans ses ports peuvent accéder aux ports américains sans être soumis à des mesures de sécurité supplémentaires.

Inspections renforcées

Pour accorder ou maintenir une exemption portuaire, les autorités américaines évaluent la capacité d’un État à garantir des mesures antiterroristes efficaces et durablement supervisées. Ces critères incluent, entre autres, une supervision gouvernementale effective des installations portuaires, la réalisation régulière d’évaluations des risques, d’exercices de sûreté et d’inspections, ainsi que l’existence de mécanismes crédibles d’application des règles de sécurité.

Le partage d’informations et de renseignements avec les partenaires internationaux, en particulier les États-Unis, ainsi que la conformité aux normes internationales — dont le Code ISPS (International Ship and Port Facility Security) — figurent également parmi ces critères. Avec le retrait de son exemption portuaire, les navires ayant fait escale dans les ports malgaches et accostant aux États-Unis seront désormais soumis « à des inspections renforcées et à des obligations de conformité additionnelles ».

Ce durcissement immédiat des conditions d’entrée dans les ports américains pour les navires concernés entraîne des conséquences sur les coûts, les délais logistiques et l’attractivité des ports du pays visé. Outre Madagascar, le Cameroun et l’Irak sont également concernés par la notification publiée le 12 février, qui entre en vigueur à compter d’aujourd’hui. Par ailleurs, les ports de pays tels que l’Iran, la Libye, la Syrie, le Yémen, ainsi que Cuba, le Nigeria, le Soudan et la Corée du Nord sont aussi soumis à cette mesure.

Garry Fabrice Ranaivoson

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