Trois accusés, dont un trésorier de lycée, ont été jugés hier pour une escroquerie impliquant de jeunes victimes et l’usurpation du nom d’une professeure de l’Université.
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| Le procès s’est tenu hier dans la salle 2 du Palais de Justice d’Anosy, à Antananarivo. |
Une affaire d’usurpation d’identité et d’escroquerie a été portée hier devant la cour correctionnelle du Tribunal de première instance d’Antananarivo. Trois personnes comparaissaient dans la salle 2, dont un trésorier de lycée, un jeune homme et une femme employée au sein d’une Circonscription scolaire (Cisco) de la capitale. Le procès a attiré l’attention, tant par la gravité des faits que par la complexité des responsabilités.
Les faits remontent à décembre 2025. Le trésorier est accusé d’avoir monté un stratagème visant à convaincre de jeunes candidats qu’ils pouvaient obtenir des postes de commissaires aux comptes dans plusieurs lycées de la capitale. Pour crédibiliser son discours, il aurait utilisé des documents officiels portant le nom et le cachet d’une professeure de la faculté des sciences de l’université d’Antananarivo.
Cette dernière, présente à l’audience, a déclaré ne connaître ni les accusés ni les plaignants et a exigé de savoir qui avait fait circuler son identité dans cette affaire.
Découvert
Les cinq jeunes victimes, deux femmes et trois hommes dans la vingtaine, ont affirmé avoir chacun versé 675 000 ariary au trésorier, présentés comme des « frais de dossier ». Le jeune coaccusé, également floué de la même somme, aurait été chargé par le trésorier de recruter d’autres candidats. Convaincu de la véracité de la proposition, il en aurait trouvé plusieurs, qui se sont finalement retrouvés trompés. C’est pour cette raison qu’il est poursuivi pour complicité, bien qu’il se considère lui-même victime.
La troisième accusée, contrôleur administratif et financier à la Cisco, a reconnu connaître le trésorier mais nie toute implication. Elle affirme que son nom et son numéro ont été utilisés à son insu. Devant la juge, elle a expliqué avoir déjà été contactée par d’anciennes victimes, auxquelles elle avait conseillé de venir dans son bureau. Après avoir découvert l’arnaque, elle aurait demandé au trésorier de restituer l’argent, ce qu’il aurait fait sous ses yeux. Les victimes présentes au procès, cependant, ont assuré ne l’avoir jamais rencontrée auparavant et n’ont découvert son existence qu’à l’audience.
Tout au long du procès, les trois accusés ont rejeté les faits. Le trésorier et la femme se sont mutuellement rejeté la responsabilité, tandis que le jeune homme a nié toute complicité. Un témoin est venu confirmer que, lors d’escroqueries précédentes, c’est bien le trésorier qui avait remboursé les victimes, renforçant l’idée qu’il serait le principal instigateur.
À l’issue de l’audience, la juge a ordonné au trésorier de restituer les documents appartenant à de nouvelles victimes qu’il conserve encore chez lui. Le verdict a été fixé au 4 mars.
Gustave Mparany
