Madagascar relance le traitement des permis miniers, permettant à près de 3 000 dossiers en attente de repartir. Les projets stratégiques de Sakoa et de Tsimiroro sont désormais en attente de redémarrage.
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| Le gisement de charbon de Sakoa et le bassin pétrolier de Tsimiroro représentent des projets stratégiques pour Madagascar. |
Les projets miniers de Madagascar reprennent vie. Le gisement de charbon de Sakoa et le bassin pétrolier de Tsimiroro, deux sites stratégiques pour l’économie nationale, attendent désormais le feu vert pour relancer leur exploitation. Le gouvernement a engagé le traitement des près de 3 000 dossiers bloqués depuis 2010, grâce au nouveau Code minier et à ses décrets d’application désormais opérationnels. Selon les autorités, l’instruction se fera « de manière progressive, sans limitation du nombre de dossiers, tout en garantissant la transparence du processus ». Les nouvelles demandes de permis ne seront ouvertes qu’après l’achèvement de cette première phase et la mise en place de dispositifs d’accompagnement des acteurs.
Parmi les projets directement touchés figure le gisement de charbon de Sakoa, dans le sud-ouest. Les réserves y sont estimées à environ 870 millions de tonnes, avec un potentiel parfois supérieur au milliard de tonnes. Anciennement porté par Red Island Minerals, le projet est à l’arrêt depuis 2012 à cause de conflits politiques et de blocages administratifs sur les permis.
Potentiel considérable
Les projections initiales tablaient sur une production annuelle de 5 millions de tonnes et près de 500 millions de dollars d’investissements. Avec la reprise des permis, les études techniques, environnementales et sociales pourront enfin être relancées, permettant d’attirer de nouveaux capitaux et de repositionner Madagascar sur la carte minière mondiale.
À l’ouest, le bassin pétrolier de Tsimiroro offre un potentiel énergétique considérable. Madagascar Oil SA (MOSA) possède environ 160 000 barils d’huile lourde dans ses cuves, pour des réserves totales estimées à 1,7 milliard de barils. En 2014, une vente test de 55 000 barils avait été réalisée, avec des essais concluants sur des générateurs industriels et certaines centrales. La production quotidienne moyenne est d’environ 400 barils, et MOSA envisageait de tester la commercialisation locale à raison de 300 barils par jour.
Pourtant, l’exploitation à grande échelle reste bloquée. Les routes entre Tsimiroro et Antananarivo sont en mauvais état, et la Jirama, la compagnie nationale d’électricité, ne peut garantir le paiement nécessaire pour sécuriser les livraisons. L’ancien directeur général de la Jirama explique que le pétrole local n’a jamais été une priorité : « Nous privilégions le développement des énergies renouvelables plutôt que de dépendre d’un carburant dont la logistique et l’approvisionnement restent incertains.»
D’après les informations reçues au niveau du ministère des Mines et de l’Omnis, bien que rien n’ait encore été partagé publiquement pour Tsimiroro, les données et décisions relatives au projet seront prochainement communiquées au public, afin de suivre l’évolution de l’exploitation de ce gisement.
Ainsi, Tsimiroro reste un potentiel important mais conditionné à la résolution des problèmes de transport, de financement et de fiabilité, tandis que Sakoa attend la fin de la longue pause administrative pour redémarrer.
Irina Tsimijaly
