La concertation nationale ne déviera pas de sa trajectoire, assure le directeur de la veille et du suivi de la concertation auprès du ministère d’État en charge de la Refondation.
La concertation se passe-t-elle bien ?
Nous avançons. Au cours des deux derniers mois, notre travail s’est principalement concentré sur l’élaboration des modalités et des principes qui guideront cette concertation. Ce processus est encore en cours. Des concertations préalables ont eu lieu dans dix grandes villes des régions, dans le cadre de cette phase préparatoire aux dialogues. Cette étape avait pour but d’établir un diagnostic et de déclencher le début du processus, tout en présentant, au niveau des régions, les principes qui définissent le cadre des consultations.
Où en est l’étape actuelle?
Ces rencontres ont été soumises à une évaluation, ce qui a permis d’en tirer des enseignements précieux pour orienter et affiner les méthodologies de recueil des idées à l’échelle locale. Par ailleurs, les relations avec l’ensemble des acteurs transversaux progressent favorablement. La coordination de ces efforts, ainsi que l’harmonisation des différents groupes d’acteurs en vue d’assurer une démarche véritablement inclusive, constituent l’un des principaux défis auxquels le MEPCR doit faire face.
Ces crispations ici et là (HCC) ne constituent-elles pas un obstacle ?
Il est regrettable de constater des crispations. Cependant, nous n’avons d’autre choix que de progresser positivement pour mettre en œuvre les réformes attendues par les citoyens malgaches. Notre véritable force réside dans notre capacité à nous unir autour d’un objectif commun, d’une vision commune pour un nouveau Madagascar, bâti par ses propres citoyens. Les tensions et crispations que l’on peut observer ici et là doivent être prises en considération avec attention, ce qui nous permettra de mieux cerner les attentes de la population et d’ajuster le processus en conséquence.
Un groupe politique demande l’abolition de toutes les institutions, pourrait-on en arriver là ?
C’est une vision politique, et il appartient aux groupes politiques de se convaincre mutuellement sur ce sujet. Cependant, quel que soit le schéma politique à venir, nous considérons que la concertation nationale demeure incontournable. En effet, d’après notre expérience de ces derniers mois, les citoyens ont exprimé le souhait de reconstruire la nation à partir de la base. C’est la seule voie qui permettra à notre pays de rattraper le retard considérable accumulé depuis son indépendance, période au cours de laquelle nous avons traversé cinq crises sans réussir à retrouver le bon chemin. Ce parcours ne sera pas facile, et il sera semé d’embûches, mais nous ne pouvons plus nous permettre d’échouer.
Garry Fabrice Ranaivoson
