MAHAJANGA - Un garçon de 19 ans meurt noyé

Nouveau drame au village touristique à Mahajanga, samedi dernier. Un jeune adolescent de 19 ans est mort noyé suite à un plongeon et à une baignade interdite sur la fameuse marina ou digue.

La fameuse marina du village touristique est un lieu très visité.

Des gamins et des jeunes ont effectué des séries de démonstrations de plongeon dans la mer et se sont baignés. Ces derniers jours, une forte canicule frappe la ville de Mahajanga, ce qui incite les jeunes à se baigner.

« La victime, habitant à Tsararano, a plongé avec ses camarades vers 17 h 20, mais n’a plus réapparu. Son corps a été découvert dimanche vers 3 h du matin après de nombreuses recherches effectuées par des éléments des sapeurs-pompiers et des civils », a déclaré un témoin.

Des jeunes gars bravent les courants d’eau et la houle ainsi que les gros rochers sur cette partie du village touristique, au niveau de la marina ou du pont, presque tous les jours. Ils sont nombreux à jouer sur place et sautent sans aucune peur, à plus de dix mètres dans l’eau. Cela se présente souvent le samedi matin et les après-midis, et surtout durant les week-ends.

 « Ce qui se passe à Mahajanga n’est pas aussi évident que les simples variations du niveau de la mer, mais de nombreux facteurs entrent en jeu. Nous savons que la rivière Betsiboka se jette dans la mer à Mahajanga. L’eau de mer et l’eau douce ont des densités différentes. Lorsqu’elles se rencontrent, elles ne se mélangent pas, mais se repoussent mutuellement, la plus légère remontant à la surface. Souvent, c’est l’eau douce qui remonte, ce qui explique la couleur trouble de la surface. Cependant, lorsque la pression de la mer augmente, l’eau douce est refoulée. La mer apparaît bleue sur le rivage, mais trouble lorsqu’elle redescend.

Même si l’eau de la Betsiboka qui se jette dans la mer est refoulée, cette pression persiste car le cours de la rivière descend, et non l’inverse. Ainsi, au moment même où le soi-disant niveau élevé de la mer atteignait son apogée, le fleuve Betsiboka commence à s’enfoncer. Par conséquent, la mer ne se contente pas de descendre, mais est accompagnée d’une force de vitesse V, provenant de la Betsiboka. Le port Schneider, à Mahajanga, modifie également le comportement de ce courant d’eau sur la rive opposée, où se situent le village touristique, la plage de Belinta et le Grand Pavois. Ce comportement est également modifié par les pluies », a expliqué un expert maritime.

Les panneaux des zones surveillées ou pancartes interdisant la baignade sont absents. Aucun surveillant de baignade n’est également présent. Le niveau de l’eau de mer est devenu très élevé depuis le passage du cyclone Fytia, au début du mois, et les précipitations apportées par Gezani à l’Est.

Courant

« Au village touristique, la mer est constituée d’une baïne ou d’un courant d’arrachement, une dépression ou mare résiduelle ressemblant à une piscine naturelle formée entre la côte et un banc de sable. À marée basse, les baïnes se présentent comme une succession de cavités régulières. Elles se forment sur un relief où le phénomène de marée est fort, le sable fin, le dénivelé faible et avec une forte houle. La houle déplace le sable le long du rivage, interférant avec les courants perpendiculaires à la plage. Ces courants emportent vers le large le sable de fond, creusant ainsi des cuvettes visibles à marée basse qui peuvent atteindre cent mètres de large et quatre à cinq mètres de profondeur. 

Le danger se manifeste durant la deuxième et la troisième heure de la marée montante, quand les vagues passent par-dessus le banc de sable qui sépare en partie la baïne de la mer, et aussi aux quatrième et cinquième heures de la marée descendante. Ressemblant à des piscines calmes à marée basse, elles deviennent dangereuses à la marée montante en créant de forts courants d’arrachement entraînant les baigneurs vers le large », a ajouté un autre spécialiste en océanographie.

 « La commune devra installer des panneaux visibles, multilingues et pédagogiques sur chaque site à risque, avec des schémas explicatifs de baïnes, des consignes de sécurité et les horaires de danger. Des maîtres-nageurs et des agents de la police municipale doivent être aussi recrutés et veiller en permanence », a préconisé un opérateur touristique.

Samedi 14 février dernier, par contre, un petit garçon de 10 ans a eu plus de chance. Il a été repêché après avoir été emporté par les courants au même endroit.

Vero Andrianarisoa

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