À Antsiranana, les associations de guides de Diana, Sava et Sofia se sont réunies au sein d’une même plateforme pour valoriser le métier, soutenir la relance touristique et alerter sur la prolifération des faux guides.
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| Les guides touristiques de Sava ont fait un déplacement à Antsiranana pour une noble cause. |
Pour sa quatrième édition, l’événement a franchi un cap décisif avec une mobilisation sans précédent. Pour la première fois, l’ensemble des associations de guides des trois régions Diana, Sava et Sofia, regroupées au sein d’une plateforme des guides du Nord, ont été présentes, témoignant d’une unité renforcée et d’une volonté commune de structurer et de valoriser la profession.
Organisée chaque année le 21 février, cette journée a réuni des guides, hommes et femmes, dans la capitale du Nord pour marquer l’événement. Dans un contexte de relance du tourisme, ils ont choisi de parler d’une seule voix pour défendre la noblesse de leur métier et renforcer l’attractivité de la destination Nord.
Le thème mondial de cette année, « Amitié et solidarité », a trouvé une résonance particulière à Antsiranana. Bien au-delà des discours, ces valeurs se sont traduites par des actions concrètes et un véritable esprit d’unité, notamment une opération de nettoyage dans la ville et une sensibilisation à la protection de l’aire protégée d’Oronjia.
Un secteur sous pression
Les festivités ont débuté par un carnaval à travers la ville, avant de se poursuivre par une cérémonie officielle tenue à l’hôtel Annexe Ankarana.
À cette occasion, le président de la plateforme, Albert Ambroise Drenavelona, a rappelé la définition et le rôle fondamental du guide touristique. Il a souligné que les guides sont de véritables ambassadeurs du pays, des représentants du patrimoine national chargés de faire découvrir et de valoriser les richesses culturelles et naturelles auprès des visiteurs.
« Souvent réduit à un simple accompagnateur touristique, le guide joue pourtant un rôle central dans l’expérience du visiteur. Premier interlocuteur des touristes, il est le visage du pays, le médiateur entre le patrimoine local et le regard étranger, à l’aide de connaissances de la biodiversité, de l’histoire et des cultures locales », a-t-il affirmé.
Un appel à la vigilance a été lancé à l’endroit des guides professionnels face aux individus qui nuisent à la profession, notamment ceux qui exercent illégalement et se rendent coupables d’usurpation de fonction.
L’essor des croisières met en lumière un déséquilibre préoccupant. À Antsiranana, seulement une centaine de guides professionnels doivent parfois faire face à plusieurs milliers de croisiéristes lors du passage d’un paquebot. Cette insuffisance ouvre la voie à la prolifération de faux guides, et la plateforme appelle à un renforcement de la collaboration avec les autorités pour lutter contre ces fléaux.
Ces trois régions septentrionales de la Grande Île disposent d’atouts majeurs, et la coordination des guides vise à harmoniser les pratiques et à offrir aux visiteurs une expérience cohérente et de qualité sur l’ensemble des territoires.
La Journée internationale des guides touristiques n’a donc pas seulement été une fête, mais aussi un message fort : le Nord avance, structuré, uni et déterminé à faire du tourisme un levier de développement durable et inclusif. Elle a réuni plusieurs autorités administratives et responsables du secteur touristique dans la ville d’Antsiranana.
En tout cas, sans les guides, le tourisme n’a pas d’âme.
Raheriniaina
