Le secteur du tourisme a vu son budget réduit en 2026. Un réajustement est prévu dans la Loi de finances rectificative.
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| La signature de partenariat avec l’influenceur Tikih et le ministère du Tourisme. |
C’est encore peu, mais c’est un signal », se félicite une source proche du dossier. Face à un budget initial jugé insuffisant, des démarches ont été entreprises pour rééquilibrer les moyens alloués au secteur du tourisme. Un premier ajustement est prévu par la Loi de finances rectificative (LFR), avec une augmentation de 6 milliards d’ariary. Ce montant est en cours de répartition, souligne la même source.
Le tourisme se débat tant bien que mal pour reprendre sa place. Il n’est plus un secteur secondaire. « C’est un pilier économique à part entière », rappellent plusieurs acteurs du secteur, alors qu’il contribue aujourd’hui entre 13 % et 15 % du PIB national, en tenant compte des effets directs et indirects. À ce niveau, la question n’est plus de savoir si le tourisme est important, mais comment les finances publiques traduisent ce poids stratégique.
La loi de finances initiale (LFI) 2026 affiche un budget global de 15 777 milliards d’ariary. Pourtant, le secteur touristique voit son enveloppe passer de 961 milliards d’ariary en 2025 à seulement 16 milliards en 2026. « L’écart est difficile à comprendre », confie un observateur économique, alors que le tourisme est présenté comme un levier de croissance, de recettes en devises et d’emplois locaux.
« Faire mieux avec peu »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2019, avant la crise sanitaire, le tourisme représentait près de 16 % du PIB. La pandémie a ensuite provoqué un choc brutal : en 2020, la contribution du secteur est tombée à 4,4 %. « Le secteur a presque été mis à l’arrêt », se souvient un professionnel du tourisme. Depuis, la reprise est progressive. Pour 2025, les projections estiment que le tourisme et la restauration pourraient atteindre 14,9 % du PIB, signe d’un retour presque complet à la normale.
Faute de ressources importantes, la stratégie actuelle repose aussi sur des actions à fort impact et à coût maîtrisé. « Il faut faire mieux avec peu », résume un responsable du secteur. La promotion de la destination Madagascar devient ainsi un axe central de la relance.
Dans cette logique, le partenariat avec le créateur de contenu Tikih Ranjisoa mise sur la force des images et du numérique pour valoriser le pays. « Madagascar ne se raconte pas seulement à travers les chiffres, mais à travers ce que l’on montre et partage », explique un acteur impliqué dans l’initiative. L’objectif est double : attirer davantage de visiteurs étrangers et encourager le tourisme intérieur.
Les premiers indicateurs sont encourageants. 330 000 touristes ont été enregistrés en 2025, en légère hausse par rapport à 2024. Pour 2026, l’ambition est claire: accélérer la dynamique.
« Le tourisme reste une opportunité économique majeure », insiste-t-on, appelant à une meilleure cohérence entre son poids réel dans l’économie et les choix budgétaires à venir.
Irina Tsimijaly
