La ministre d’État auprès de la présidence en charge de la Refondation affirme que la Feuille de route à remettre à la SADC est prête. Le Chef de l’État indique, pour sa part, qu’il compte signer le document à son retour au pays.
![]() |
| La ministre Hanitra Razafimanantsoa, durant la conférence de presse d’hier. |
La Feuille de route est prête ». C’est ce qu’affirme maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État auprès de la présidence en charge de la Refondation. À l’entendre, durant une conférence de presse, à son bureau, à Ambohitsorohitra, hier, ce n’est plus qu’une question de formalité avant que le document ne soit remis à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
« La Feuille de route est prête. Toutefois, je ne peux le partager ici puisqu’il appartient au Président de faire part de son contenu », déclare alors la membre du gouvernement. Durant sa rencontre avec des membres de la diaspora qui résident en France, mardi soir, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, a indiqué qu’il compte signer la Feuille de route dès son retour au pays. Lors de la réunion avec le groupe de la Banque mondiale, dans la matinée de mardi, il a soutenu que le document sera remis à la SADC avant le 28 février, comme convenu.
Selon les explications de la ministre d’État, la Feuille de route de la Refondation devra préalablement « être validée » par le comité de pilotage de la concertation nationale. Une entité présidée par le locataire d’Iavoloha et dont sont membres le Premier ministre, la ministre d’État, le ministre de l’Économie et des Finances, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, ainsi que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM).
En principe, le comité de pilotage de la concertation nationale tiendra une réunion dès le retour au pays du Chef de l’État. Par ailleurs, la ministre Razafimanantsoa a également brandi un document intitulé « Processus stratégique et opérationnel pour la Refondation nationale. » Il retrace tout ce qui a déjà été fait et ce qui sera fait pour la mise en œuvre de la Refondation, dont les différents chronogrammes.
Inclusivité
Il sera également soumis à « la validation » du comité de pilotage de la concertation nationale, explique-t-elle.
En principe, ce second document sera également remis à la SADC. Lors de la réunion extraordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement, le 17 décembre, l’organisation régionale « a demandé à la République de Madagascar de soumettre un rapport sur l’état de préparation au dialogue ainsi qu’un projet de feuille de route nationale d’ici le 28 février 2026, suivis de mises à jour périodiques en mai, août et novembre 2026 au président de l’Organe de la SADC ».
Maître Hanitra Razafimanantsoa a, par ailleurs, tenu à souligner durant la conférence de presse d’hier que, contrairement à celle de 2009, la Feuille de route qui sera remise à la SADC n’est pas dans l’optique d’une sortie de crise. « Il s’agit d’une Feuille de route élaborée par les Malgaches et qui concerne tous les secteurs de la vie nationale. Plusieurs thématiques y sont prévues, mais il ne s’agit pas d’une Feuille de route de sortie de crise politique, contrairement à celle de 2009 », défend-elle.
Face aux membres de la diaspora résidant en France, mardi, le colonel Randrianirina a, pour sa part, mis l’accent sur le volet « inclusivité » de la concertation nationale, inscrit dans la Feuille de route. « Nous y expliquons clairement ce que nous entendons par inclusivité de la concertation nationale, puisque pour eux [la SADC et l’Union africaine], il s’agit de la participation d’une personnalité en particulier [faisant référence à Andry Rajoelina, ancien président de la République] », déclare-t-il.
« Pour nous, l’inclusivité du processus implique une participation de tous les Malgaches », souligne le Chef de l’État. Faisant toujours référence à l’ancien président Rajoelina et à la déchéance de sa nationalité malgache, sans citer son nom, le locataire d’Iavoloha lance alors: « Un étranger ne pourra pas prendre part à la concertation nationale. » Il est toutefois probable que cette question du droit des personnes ayant une double nationalité à participer à la vie politique nationale, surtout aux élections, notamment la présidentielle, soit un des sujets brûlants de la concertation nationale.
Garry Fabrice Ranaivoson
