Alors que le cyclone Fytia s’est éloigné de Madagascar, son bilan humain et social continue de s’alourdir. Inondations, évacuations et attente d’aides persistent dans plusieurs districts touchés.
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| Des sinistrés à Soalala. |
Le bilan des victimes du cyclone Fytia s’alourdit progressivement. Sept personnes ont perdu la vie, une est portée disparue, sept autres ont été blessées, 60 700 personnes sont sinistrées et près de 20 000 ont été déplacées, selon le bulletin flash du Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC), publié hier à 14 heures. D’après nos sources, l’évolution du bilan s’explique par la remontée progressive des informations en provenance des zones touchées par Fytia, au cours du week-end.
Bien que le cyclone Fytia se soit éloigné de Madagascar et n’influence plus les conditions météorologiques sur la Grande Île, certains districts ne sont pas tirés d’affaires. À Ambato-Boeny, district fortement exposé aux inondations en raison des crues de plusieurs fleuves qui le traversent, les évacuations se poursuivent. « Une vaste sensibilisation a été effectuée ce jour (ndlr : hier), car l’eau ne baisse pas ; au contraire, son niveau augmente, l’eau en amont étant en hausse. Des habitants vivant à proximité des rivières ont ainsi quitté leur foyer ce matin (ndlr : hier matin) », rapporte le chef de district d’Ambato-Boeny, Bruno Rakotonirina.
La direction générale de la Météorologie a annoncé hier que l’alerte rouge liée au risque de montée des eaux reste en vigueur pour les populations riveraines des fleuves Betsiboka et Mahavavy Sud, dans les districts de Marovoay, Ambato-Boeny, Maevatànana, Mitsinjo et Kandreho.
Des sinistrés
La plupart des districts du Nord-Ouest de Madagascar ont déjà été dotés de vivres destinés aux sinistrés. À Soalala, principale zone touchée par le cyclone Fytia, chaque ménage sinistré a bénéficié d’un sac de riz, ainsi que d’autres aides alimentaires et de matériel. En déplacement sur place, le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a également annoncé l’octroi d’une enveloppe de 50 millions d’ariary aux familles affectées.
À l’Est, en revanche, notamment à Mahanoro, un district touché par des inondations à la suite du passage du cyclone, les sinistrés attendent toujours l’aide de l’État, selon leur député, Hubert Rakotoson. Pourtant, des villageois n’ont plus de toit dans ce district. « Cinq cent quarante habitations ont été détruites dans le fokontany de Tanjombe à la suite des inondations. Il ne subsiste plus que dix maisons dans ce fokontany », selon le rapport du maire de Manjakandriana à Mahanoro.
Le député de Mahanoro a évoqué le problème des infrastructures d’accueil pour les sinistrés.
« En brousse, il n’y a pas d’infrastructures en dur pouvant servir de sites d’hébergement. Ainsi, les sinistrés n’ont nulle part où aller lorsqu’une catastrophe survient, alors que notre district est régulièrement exposé aux cyclones », souligne Hubert Rakotoson, qui demande la construction de bâtiments publics en dur en milieu rural. Le chef de district de Mahanoro réplique que le déplacement de hauts responsables de l’État est prévu dans cette zone ce jour.
Miangaly Ralitera
