Le chef de l’État a quitté le pays, hier, pour son déplacement en France. Une rencontre avec son homologue, Emmanuel Macron, est prévue ce jour.
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| Le colonel Randrianirina durant une revue des troupes avant son décollage pour la France, hier. |
Une réponse à l’invitation des autorités françaises. C’est le motif de son déplacement en France, indique le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, avant son départ, hier, à l’aéroport d’Ivato.
Comme pour son déplacement en Russie, la semaine dernière, le locataire d’Iavoloha explique qu’il se rend en France en réponse à l’invitation de l’État français. Après avoir rencontré Vladimir Poutine, président russe, jeudi dernier, l’officier supérieur doit s’entretenir avec Emmanuel Macron, président français, cet après-midi. Quant à l’enchaînement de ces deux déplacements, le colonel Randrianirina répond : « Il s’agit de deux choses différentes. De notre point de vue, il n’y a aucun lien entre ces deux déplacements. »
Difficile, cependant, de ne pas faire le rapprochement entre ces deux rendez-vous bilatéraux du président de la Refondation de la République, étant donné la conjoncture internationale. Depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022, les relations entre la Russie et les États européens, dont la France, sont tendues. Une tension qui se traduit par une rivalité diplomatique, politique et stratégique.
Vingt-neuf projets
La rencontre entre le colonel Randrianirina et Emmanuel Macron, ce jour, coïncide justement avec le quatrième anniversaire du début des assauts russes en Ukraine. L’officier supérieur semble, toutefois, vouloir atténuer cette dimension géopolitique de ces deux déplacements successifs.
« Ces deux pays nous ont invités à venir chez eux. Donc nous répondons à leur invitation», insiste-t-il.
« Il s’agit aussi de suivre la politique diplomatique que nous avons mise en place. C’est-à-dire, de coopérer avec tous les pays qui peuvent apporter des bénéfices à la population malgache », réaffirme le colonel Randrianirina. Le chef de l’État soutient également que la deuxième raison de ce voyage « est de montrer à la France que Madagascar est une terre d’accueil pour les étrangers ». Il renchérit que « nous avons le Fihavanana comme culture. Nous ne discriminons personne ».
Outre le volet politique et diplomatique, le déplacement présidentiel dans l’Hexagone est aussi placé sous le signe de la coopération économique. Le message selon lequel Madagascar est et restera une terre d’accueil pourrait alors s’adresser aux investisseurs français. Un rendez-vous économique entre l’association du patronat français, le Medef, et les associations du patronat et des entrepreneurs malgaches est justement au programme de l’officier supérieur durant son séjour en France.
Une série de vingt-neuf projets d’envergure dans les secteurs de l’énergie, du numérique, du tourisme et des infrastructures durables seront discutés durant cet événement économique. Le déplacement du chef de l’État en France pourrait également être l’occasion de finaliser le document dessinant les nouveaux contours de la coopération bilatérale entre les deux pays.
Garry Fabrice Ranaivoson
