Lundi, le ministère des Transports et de la Météorologie (MTM), le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et l’Union Européenne ont inauguré deux stations météorologiques automatiques dans la région d’Itasy. Ces équipements ont été mis en place dans le cadre du projet DINAAMICC, financé par l’Union Européenne et coordonné par le Cirad.
Quatre stations ont été déployées dans les régions d’Itasy, d’Analamanga et du Vakinankaratra, pour un investissement de 75 000 euros, soit près de 400 millions d’ariary. À Soavinandriana, une station synoptique fonctionne désormais au sein de l’Université d’Itasy. À Ampefy, une station hydrologique et pluviométrique suit en continu le niveau du lac Itasy, la quantité de pluie, la température, l’humidité, le vent et le rayonnement solaire.
Pour les chercheurs et les acteurs locaux engagés dans la préservation du lac, ces outils changent la donne. « On n’avait pas de point de mesure, ni de la pluviométrie, ni du niveau du lac en continu », explique le Dr Bertrand Muller, chercheur au Cirad et coordinateur du projet. « Maintenant, on va pouvoir étudier l’évolution du lac année après année et voir s’il y a un danger pour sa survie et quelles mesures prendre. »
L’objectif est aussi très concret pour les agriculteurs. Dans le Vakinankaratra, une expérience pilote teste l’envoi de messages météorologiques simplifiés par SMS. Les informations issues des stations sont traduites en conseils clairs, envoyés à des paysans leaders chargés de les partager autour d’eux. « Simplifier l’information, la rendre la plus utile possible et la diffuser quand elle est vraiment pertinente », résume Bertrand Muller. Il précise: « Si on approche d’une période de sécheresse ou de fortes pluies, ça, c’est une information utile pour les agriculteurs. »
Soutenu par les programmes européens Desira et GCCA+, le projet DINAAMICC cherche à « réduire la vulnérabilité des exploitations familiales face aux changements climatiques». Ces stations, prévues pour fonctionner au moins vingt ans, doivent contribuer durablement à une agriculture mieux préparée aux aléas du climat.
Irina Tsimijaly