CINÉMA - Mandrakizay Doria célèbre la culture malgache

Présenté en avant-première ce samedi au Cinepax, le film Mandrakizay Doria de Franco Clerc propose une relecture moderne et ambitieuse de l’identité culturelle malgache, à travers une fresque romantique et fantastique.

Les protagonistes de Mandrakizay Doria lors  de sa première projection au Cinepax.

Le film Mandrakizay Doria a été dévoilé au public lors de son avant-première ce samedi au Cinepax, marquant une étape importante pour le cinéma malgache contemporain. Adapté d’une pièce de théâtre à succès, ce long métrage réalisé par Franco Clerc entend conjuguer héritage culturel et écriture cinématographique moderne, tout en s’adressant à un public large, tant national qu’international.

L’intrigue débute en 1869, dans un Madagascar profondément marqué par les hiérarchies sociales. Railovy, jeune paysan, tombe amoureux de Lala, une aristocrate dont l’amour lui est interdit. Face à l’impossibilité de cette union, il fait appel à Ary, une divinité ancestrale, afin d’obtenir des pouvoirs magiques. Dans un geste empreint d’orgueil, il se condamne à l’immortalité et entraîne Lala dans le même destin, les liant pour plus d’un siècle et demi. Le récit traverse ainsi plusieurs périodes historiques, avec un moment central situé dans les années 1960, jusqu’en 2024, année du tournage.

Le langage du film puise dans les formes d’expression anciennes, intégrant proverbes des sages, paroles héritées des ancêtres, fiteny vahiny et dialectes, tout en les inscrivant dans une narration contemporaine. Les costumes traditionnels, tels que le malabary et le lamba landy, ainsi que les décors, participent à la mise en valeur d’une culture vivante, revisitée avec modernité.

Mandrakizay Doria est l’adaptation de la pièce éponyme coécrite par Rolland Raman, Synthia Saga et Joey Aresoa, cette dernière ayant également assuré la mise en scène de la version théâtrale.

Cohérence historique

 Après un mois de production scénique, l’œuvre a révélé une force narrative propice à une transposition cinématographique, mêlant quotidien malgache, traditions, croyances et émotions universelles. Le passage à l’écran permet d’approfondir les personnages et d’élargir la portée du récit.

Produit par Films and Comics en association avec Cinepax Madagascar, Mandrakizay Doria est un long métrage de 1 h 48, tourné en langue malagasy, mêlant romance et fantastique. Les rôles principaux sont interprétés par Rolland Raman, Synthia Saga et Stéphanie Razakaratrimo.

La production s’est étalée sur quatorze mois, comprenant un mois de préparation et de tournage, suivi de treize mois de postproduction. Franco Clerc signe la réalisation, la direction de la photographie, le montage, l’étalonnage et les effets visuels. La direction artistique, confiée à Cinécraft sous la supervision de Joey Aresoa, accorde une attention particulière à la cohérence historique. La musique originale est composée par Hélène Avice, avec des contributions de Aina Rasamoelina et des sonorités de valiha interprétées par Volahasina Linda. 

À travers Mandrakizay Doria, ses créateurs ambitionnent de proposer un premier long métrage malgache affirmant une identité forte, portée par une approche moderne et un langage universel, capable de dépasser les frontières sans perdre son authenticité.

Cassie Ramiandrasoa

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne