APRÈS GEZANI - Branle-bas de combat à Toamasina

Plus de dix jours après le passage du cyclone Gezani, la situation à Toamasina et ses environs reste compliquée. Le gouvernement et les partenaires internationaux s’activent sur le terrain pour renforcer la coordination des actions d’aide d’urgence et accélérer le démarrage du processus de reconstruction.

Photo prise lors d’une visite du Premier ministre et du coordonnateur des Nations Unies au lycée Jacques Rabemananjara, samedi.

Mobilisation générale. Le clairon a été sonné lors de la déclaration de sinistre national, le 10 février. Après les premiers états des lieux conduits par le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, au lendemain du passage de Gezani, le gouvernement, les partenaires internationaux et les humanitaires sont sur le front.

La semaine dernière, des membres du gouvernement, dont Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre, et des représentants des entités internationales, se sont succédé sur le terrain. Le but étant de mettre en place une meilleure coordination des aides d’urgence, mais aussi de voir comment accélérer le démarrage du processus de reconstruction et d’évaluer les besoins suivant l’évolution de la situation sur le terrain.

La descente sur le terrain du chef du gouvernement fait suite à une série de réunions avec les partenaires internationaux et les membres du gouvernement. Une des décisions prises à l’issue de ces réunions a été l’envoi de renforts pour appuyer les membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) sur place, pour la sécurisation des actions d’aides, pour prêter main-forte également dans la logistique, l’assainissement et la reconstruction.

L’organisation et la logistique de la distribution des aides représentent un défi important. Pratiquement l’ensemble des ménages de Toamasina, qui est l’une des plus grandes villes du pays, sont sinistrés. Il y a aussi ceux des districts avoisinants. Les ménages vulnérables, en particulier, manquent de tout. Outre les entités étatiques, des organisations humanitaires nationales et internationales sont aussi sur le front pour que personne ne soit laissée pour compte.

Coût de reconstruction

Les organisations internationales et régionales, ainsi que les partenaires multilatéraux et bilatéraux de la Grande Île, mobilisent également des moyens financiers, humanitaires et logistiques pour renforcer l’opération de relèvement post-cyclonique. Après les premiers constats effectués au lendemain du passage de Gezani, ces descentes sur le terrain ont aussi eu pour objectif d’effectuer de nouvelles évaluations de la situation.

Lors d’une réunion avec les partenaires internationaux, le 14 février, à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, le gouvernement a indiqué que les besoins, les réponses d’urgence et la reconstruction post-cyclonique étaient estimés à 142 millions de dollars. Toutefois, après les descentes sur le terrain de la semaine dernière, les acteurs s’accordent sur un point : du financement additionnel est nécessaire.

« Madagascar est confronté à un nouveau choc climatique grave, et les besoins augmentent à mesure que les évaluations se poursuivent », déclare cependant Anthony Ngororano, coordonnateur résident des Nations Unies. Il a accompagné le Premier ministre à Toamasina, la semaine dernière. Vendredi, les Nations Unies ont ainsi lancé « un appel éclair de 67,8 millions de dollars afin d’apporter une aide d’urgence vitale à 486 012 personnes, suite aux deux cyclones dévastateurs qui ont frappé Madagascar [les cyclones Fytia et Gezani] ».

Outre les aides d’urgence, il y a aussi le coût de la reconstruction des dégâts. Cela englobe l’aide au relèvement pour les ménages sinistrés, mais aussi la reconstruction au niveau structurel, c’est-à-dire ce qui touche au bien-être commun des habitants, comme les infrastructures de santé, les établissements scolaires et universitaires. « (…) tout cela, ça demande de l’argent additionnel par rapport à ce qu’on a déjà mobilisé », reconnaît Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale, qui s’est également rendu à Toamasina la semaine dernière.

Juste après le passage de Gezani, la Banque mondiale a pourtant annoncé le déblocage immédiat de 37 millions de dollars destinés à financer un premier plan de réponse d’urgence. Se disant « meurtri », après avoir constaté les dégâts infligés par le cyclone Gezani à l’université de Barikadimy et au lycée Jacques Rabemananjara, Atou Seck affirme toutefois « qu’on doit mobiliser plus, puisque la reconstruction nécessite beaucoup d’argent (…) ».

Interviewé par un média en ligne, le représentant de la Banque mondiale a indiqué qu’une nouvelle réunion avec les responsables étatiques devrait se tenir incessamment afin de voir comment activer d’autres mécanismes pour soutenir ce redressement socio-économique. En plus de soulager la population sinistrée sur le plan humanitaire, social et économique, Atou Seck évoque aussi la question de la reconstruction de Toamasina, mais aussi le redressement des conséquences sur l’économie nationale.

Toujours sonnée par les dégâts laissés par Gezani, tout tourne au ralenti à Toamasina. Il s’agit pourtant du poumon économique du pays, avec le grand port où se déroule la grande majorité des activités d’importation et d’exportation du pays. Le port reprend progressivement sa vitesse de croisière. Néanmoins, les besoins pour la réhabilitation des dégâts cycloniques s’élèveraient à près de 2 millions de dollars. À cela s’ajoutent le manque à gagner pour les caisses de l’État durant ce retour progressif à la normale des activités.

Garry Fabrice Ranaivoson

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