ANOSIBE ANGARANGARANA - Des familles vivent les pieds dans l’eau

À Anosibe Angarangarana, les habitants font face à une situation critique. Lors de notre passage dans le quartier hier à midi, nous avons constaté l’ampleur des inondations : certaines maisons sont profondément touchées, avec de l’eau atteignant les genoux à l’intérieur et envahissant également les cours. Pour protéger leurs biens et limiter les dégâts, les résidents n’hésitent pas à écoper l’eau avec des seaux, une tâche quotidienne devenue épuisante.

La vie des enfants est particulièrement perturbée. Pour se rendre à l’école, ils doivent traverser des rues transformées en véritables rivières. Certains pataugent dans l’eau, tandis que d’autres utilisent de petites embarcations improvisées fabriquées à partir de jacinthe d’eau pour se déplacer.

Dans ce quartier, l’eau a tout envahi : maisons, rues et quotidien. Entre les logements submergés et les routes transformées en canaux, les habitants tentent de s’adapter tant bien que mal à une situation qui bouleverse leur vie.

« Pour nous qui n’avons pas de maison où déplacer nos affaires, nous ne pouvons rien faire d’autre qu’attendre que l’eau baisse. Nous ne savons même pas si nos meubles seront encore utilisables à notre retour », confie Zohasina Ravaoharimanana, résidente du quartier. Elle était revenue hier pour récupérer quelques effets personnels dans sa maison, mais elle est actuellement hébergée à Mahamasina en raison du sinistre.

Ceux qui ont choisi de rester sur place doivent affronter de nombreuses difficultés pour rejoindre la chaussée depuis leur domicile. Pour éviter d’être trop mouillés ou salis, ils chaussent des sandales et marchent sans se soucier de ce que contient l’eau dans laquelle leurs pieds sont constamment plongés. La route, désormais transformée en petite rivière, complique tous les déplacements.

Près du rond-point Coco, à Anosibe Angarangarana, un bloc sanitaire y est déjà installé. Après avoir traversé l’eau, les habitants s’y arrêtent pour prendre une douche rapide, un geste devenu indispensable pour préserver un minimum d’hygiène dans ce contexte difficile.

Les habitants décrivent une situation qui perdure depuis plusieurs jours, aggravée par l’insuffisance des évacuations et les limites des infrastructures.

Mialisoa Ida

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne