VOL PRIVÉ VERS MAURICE - L’ACM saisit le Pôle anti-corruption

L’Aviation civile de Madagascar a saisi le Pôle anti-corruption après la sortie irrégulière d’un jet privé vers l’île Maurice en octobre dernier. 

Un nouveau rebondissement intervient dans l’affaire du vol privé ayant quitté Madagascar dans la nuit du 11 au 12 octobre à destination de l’île Maurice. L’Aviation civile de Madagascar (ACM) a officiellement déposé une plainte auprès du Pôle anti-corruption (PAC) des 67 Ha, ainsi qu’auprès de la Brigade criminelle, afin de faire toute la lumière sur les conditions de sortie du territoire de cet aéronef.

Le jet privé immatriculé 5R-HMR, à bord duquel se trouvaient notamment l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga et l’ancien Premier ministre Christian Ntsay, aurait quitté le territoire national sans plan de vol valide ni autorisation régulière de sortie, en violation des procédures en vigueur. Ces manquements graves soulèvent des interrogations sur un possible contournement des dispositifs de contrôle aérien, douanier et sécuritaire.

Selon le directeur général de l’ACM, Faniry Alban Rakotoarisoa, la plainte vise à « vérifier les conditions dans lesquelles ce vol a été autorisé et réalisé, notamment en ce qui concerne les procédures de sûreté, l’accès aux installations aéroportuaires, ainsi que le respect des règles relatives à la police aux frontières et aux douanes ». Il s’est exprimé hier à l’issue du dépôt de plainte auprès du PAC.

Complicités de haut niveau

L’ACM évoque la possibilité de complicités de haut niveau ayant permis à l’aéronef de franchir toutes les étapes de contrôle sans autorisation conforme. Sans désigner nommément de suspects, l’institution soupçonne un trafic d’influence ayant facilité la sortie irrégulière de l’avion. Selon Fanja Andriantsoa, directeur de la supervision de la sûreté au sein de l’ACM, la société chargée de certaines opérations de sûreté appartiendrait à l’une des personnes susceptibles d’être impliquées dans cette affaire, ce qui renforce les soupçons de conflit d’intérêts.

Dans son dossier transmis aux autorités judiciaires, l’ACM retient plusieurs chefs d’inculpation, notamment abus de fonction, concussion, corruption d’agent public, faux et usage de faux en écriture publique, association de malfaiteurs, crime en bande organisée, ainsi qu’atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Le directeur général de l’ACM précise toutefois qu’une enquête aurait déjà été ouverte antérieurement par les autorités compétentes. La plainte actuelle vise, selon lui, à garantir la transparence et à écarter toute suspicion d’implication des nouvelles autorités.

Du côté mauricien, une enquête est également en cours depuis octobre sur les conditions d’atterrissage de ce vol sur le territoire de l’île Maurice. Les investigations menées par la Financial Crimes Commission (FCC) ont débouché sur d’autres procédures, notamment pour suspicion de blanchiment de capitaux, visant l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga. Ce dernier est actuellement détenu dans une prison mauricienne depuis le mois de décembre.

Tsilaviny Randriamanga 

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