Les activités de Qit Madagascar Minerals (QMM) ont repris ce lundi sur le site minier de Mandena, à Tolagnaro, ainsi que dans le bureau d’Antananarivo, après une suspension temporaire de six semaines. Cette interruption, qui avait débuté le 1er décembre 2025, faisait partie d’un plan de résilience destiné à optimiser les coûts et à sécuriser la continuité des activités de la filiale de Rio Tinto.
La suspension avait coïncidé avec l’annonce, faite début décembre à Londres, par Simon Trott, nouveau PDG de Rio Tinto, d’une restructuration stratégique du groupe. L’objectif affiché est de se concentrer sur les divisions les plus rentables : fer, aluminium, lithium et cuivre, tout en plaçant les activités moins performantes, comme le titane, sous revue stratégique. Cette démarche a naturellement soulevé des interrogations sur l’avenir du projet d’ilménite à Madagascar.
La division titane de Rio Tinto avait enregistré une forte baisse de rentabilité, avec un EBITDA en recul de 24 % l’an dernier, dans un contexte de concurrence accrue sur le marché mondial, notamment en raison de la montée en puissance de la Chine dans la production d’ilménite. Face à ces difficultés, la mise en œuvre d’un plan de résilience à QMM visait à stabiliser les opérations et à renforcer la rentabilité avant toute décision sur l’avenir des actifs.
Malgré ces défis, QMM continue de jouer un rôle important dans l’économie malgache. Au premier semestre 2025, la filiale a versé 13,7 millions de dollars de dividendes à l’État et a investi dans des projets de décarbonation, notamment des initiatives éoliennes. La reprise des activités à Tolagnaro marque donc un pas important pour la continuité de la production et la sécurisation de l’emploi local, tout en s’inscrivant dans le cadre plus large de la restructuration de Rio Tinto.
Les autorités minières ont été informées de cette reprise, qui se veut un redémarrage prudent mais nécessaire pour maintenir l’activité de la mine de Mandena, tout en surveillant attentivement son évolution financière et stratégique.
Irina Tsimijaly