Comment peut-on avoir la variole du singe là où il n’y a pas de singe ? Certes, on avait prévu d’importer de la girafe, d’éléphants, de gorilles, de lions...mais la variole a peut-être pris les devants en éclaireur. Sauf erreur ou un début de surdité, on a bien entendu que les cinq premiers cas de variole du singe n’étaient pas importés selon un communiqué officiel. C’est un grand changement dans la méthode de communication du gouvernement en jouant la transparence contrairement à la pratique antérieure où on a tout dissimulé quitte à mentir à l’opinion et aux médias.
On ne pouvait sortir que ce que les dirigeants voulaient entendre. Les portes des ministères étaient fermées à la presse autres que ceux qui formaient un «pool» asservis aux causes défendues. Le changement est bel et bien réel dans ce domaine. C’est bien mais il faut dire les choses telles qu’elles sont. Les lémuriens et le singe sont des primates mais d’ordres différents. En malgache, on les distingue bien : rajako (singes) et ragidro (lémuriens).
Autrement dit, la variole du singe a été forcément attrapée par quelqu’un, un passager qui a séjourné là où il y a la variole du singe ou du singe. Ce qui signifie qu’elle est forcément importée. Plusieurs pays africains ont présenté dans le temps des cas de variole du singe comme le Nigeria, le Soudan, la RD Congo, le Cameroun, l’Égypte, le Burundi, le Ghana, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Liberia, le Rwanda, le Maroc, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et Mayotte.
Le risque est donc réel et l’arrivée de la variole presque inévitable si on n’a pas pris les mesures drastiques nécessaires. Comme d’habitude, on prend les choses à la légère avec des semblants de contrôle à l’aéroport, des barrages sanitaires ici et là, la reprise du protocole du COVID moins le CVO qui n’a pas pu sauver le monde.
Mais la transmission de la variole du singe s’effectue là où il y a une promiscuité, au marché, dans le bus, dans les spectacles...
Ceci dit, il faut des mesures strictes et sévères pour limiter les dégâts et juguler la propagation de cette variole. Certes, ce n’est pas aussi grave et mortelle que la fièvre d’Ebola ou la fièvre de la vallée du Rift qui ont sévi dans quelques pays africains, mais c’est tout de même horrible. L’épidémie de la gale a été déjà insupportable pour les victimes et effrayante pour les personnes saines.
Et à la longue, cela peut avoir des impacts pour l’économie, le tourisme et peut conduire à la mise au ban des victimes. En bref, c’est bel et bien une réalité et non une Impox.
Sylvain Ranjalahy