À Tanjombato, l’enrôlement biométrique séduit la population lors de son lancement officiel. Chaque personne présente avait sa propre raison de venir s’inscrire.
![]() |
| La population de Tanjombato manifeste de l’intérêt pour l’enrôlement biométrique, à l’occasion de son lancement, hier. |
Hier, à midi trente, une trentaine de personnes étaient déjà assises dans la cour de la commune rurale de Tanjombato, attendant leur tour pour l’enrôlement biométrique, tandis que d’autres restaient debout. Trente minutes plus tard, la file s’allongeait, signe que l’engouement pour cet enregistrement numérique ne faiblissait pas. Tanjombato figure parmi les communes pilotes pour le lancement de l’enrôlement biométrique à Madagascar, aux côtés d’Ambohijanaka et d’Ampitatafika.
Berthe Razanamisaotra, une habitante d’Andafiatsimo, fait partie des personnes qui veulent s’inscrire. « Ce qui m’a convaincue de venir, c’est que tout sera désormais disponible ici. Avant, si l’on venait d’une province éloignée comme Fianarantsoa pour obtenir un casier judiciaire, il fallait se déplacer. Aujourd’hui, avec cette nouvelle technologie, on peut tout faire sans se déplacer très loin. On évite ainsi les frais de voyage et de nourriture», explique-t-elle, le sourire aux lèvres.
Autour d’elle, d’autres habitants manifestent le même intérêt. « Grâce à l’importance de l’opération, j’ai même fermé temporairement mon étal pour pouvoir m’inscrire. Cette innovation constitue une véritable opportunité pour nous », indique Mamy Harilala, une femme venue s’inscrire.
Processus minutieux
Pour participer à l’enrôlement, les citoyens doivent présenter leur carte nationale d’identité ou une copie intégrale. Seules les personnes âgées de 18 ans et plus, y compris celles qui atteignent cet âge dans l’année, sont acceptées. À défaut, deux témoins doivent attester de la majorité.
Une fois l’inscription lancée, le processus est minutieux : enregistrement des informations personnelles, prise des empreintes digitales, scan de l’iris, capture du visage, signature biométrique et mesure de la taille. Cependant, sur place, l’enregistrement prend du temps. Un usager est resté de 15 à 20 minutes dans la salle d’enregistrement.
« Environ 18 000 jeunes de moins de 18 ans sont recensés au sein de la commune rurale de Tanjombato », explique Frédéric Rakotoniaina, maire de la Commune rurale de Tanjombato. Les responsables constatent un fort engouement et une réelle motivation de la population. Cette tendance s’explique notamment par l’entrée du pays dans l’ère du numérique.
Six sites sont mis en place dans la commune rurale de Tanjombato pour effectuer l’enrôlement. Il existe des sites fixes ainsi que des sites mobiles.
« Une forme de compétition s’installe également entre les communes. Le district d’Atsimondrano compte 26 communes, et chacune cherche à se positionner parmi les premières afin d’atteindre un taux d’enrôlement élevé. Cette démarche se fait en collaboration étroite avec la population et le ministère de l’Intérieur de la Décentralisation », poursuit le maire de la commune de Tanjombato.
L’opération se poursuivra de manière continue. Elle permettra de réaliser des analyses, notamment pour connaître, au bout d’un mois, le nombre de personnes effectivement enrôlées, afin de faciliter l’inscription du plus grand nombre de citoyens.
Ce projet est financé par la Banque mondiale dans le cadre du « Projet de Gouvernance Digitale et de Gestion de l’Identité Malagasy » (PRODIGY). La campagne d’enrôlement dans la commune de Tanjombato s’étend sur une durée d’un mois.
Mialisoa Ida
