PRODUCTION - Le marché du graphite gagne du terrain

Le marché du graphite prend de l’ampleur.

En 2024, Madagascar confirme sa montée en puissance sur le marché mondial du graphite. L’île a produit environ 89 000 tonnes, contre une fourchette de 63 000 à 100 000 tonnes en 2023, selon les sources. Cette progression notable fait de Madagascar le deuxième producteur mondial hors Chine, représentant près de 12 % de la production mondiale. Cette dynamique est principalement alimentée par la demande croissante en graphite pour les batteries de véhicules électriques, où le graphite est un composant indispensable.

À l’échelle mondiale, la production de graphite continue de grimper. En 2023, elle s’élevait à 1,23 million de tonnes, dominée par la Chine, qui assurait 77 % de l’approvisionnement. En 2024, la Chine reste largement en tête, avec plus de 79 %, mais la montée en puissance des mines africaines et asiatiques, notamment à Madagascar, commence à diversifier le marché.

Aux États-Unis, aucun graphite naturel n’a été produit en 2023, alors que le pays a consommé près de 76 000 tonnes, importées principalement de Chine (42 %), du Mexique et du Canada (environ 30 %) et de Madagascar (12 %). La Grande Île s’affirme ainsi comme un fournisseur stratégique, profitant des restrictions à l’exportation et des barrières commerciales sur le graphite transformé.

Le secteur malgache est porté par quelques acteurs majeurs. Tirupati Graphite PLC, société britannique, exploite les projets Vatomina et Sahamamy, produisant du graphite flake de haute qualité. NextSource Materials Inc., canadienne, a lancé la production commerciale de graphite SuperFlake à Molo, avec une capacité initiale d’environ 17 000 tonnes par an. Parallèlement, des producteurs historiques comme Les Établissements Gallois ou Bass Metals / Greenwing Resources continuent leur activité, plus modestement, mais contribuent à l’essor du secteur.

Malgré cette montée en puissance, Madagascar reste dépendante de l’exportation de minerai brut. La transformation locale reste limitée, ce qui freine les retombées économiques. Les experts recommandent de développer davantage la transformation sur place pour mieux profiter de la croissance mondiale.

Depuis ses débuts artisanaux avant 2000 jusqu’à l’industrialisation post-2010, Madagascar s’impose aujourd’hui comme un acteur stratégique du graphite. Avec la demande croissante pour les batteries électriques, la Grande Île pourrait renforcer sa position dans ce marché en pleine expansion.

Irina Tsimijaly

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