PATRIMOINE - Les musées au cœur des enjeux de conservation

À l’Institut français de Madagascar (IFM), experts français et acteurs du patrimoine malgache se sont réunis pour échanger sur les enjeux liés à la conservation et à la valorisation des collections muséales.

Experts français et acteurs malgaches ont échangé hier à l’IFM sur la conservation et la valorisation  des collection.

La rencontre a réuni Jean-Luc Martinez, ambassadeur thématique chargé de la coopération internationale dans le patrimoine, et Rose-Marie Mousseaux, directrice du Musée d’Archéologie nationale et du domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Tous deux ont présenté les principes qui structurent en France les politiques de muséologie et de gestion des collections, fondées sur la conservation, l’étude, la restauration et l’enrichissement des fonds.

Les échanges se sont poursuivis avec plusieurs acteurs du patrimoine malgache, parmi lesquels le Pr Lucien Rakotozafy, directeur de l’Institut des civilisations Musée d’art et d’archéologie de l’Université d’Antananarivo, Bako Rasoarifetra, présidente de l’Icom Madagascar, et Hobisoa Raininoro, curatrice à la Fondation H. Animée par Hélihanta, présidente du Musée de la photographie et responsable du département d’histoire de l’Université d’Antananarivo, la table ronde a permis de mettre en perspective les pratiques internationales avec les réalités locales, les contraintes structurelles et les perspectives de développement des musées à Madagascar.

Conserver et valoriser

En France, la gestion des musées repose sur un cadre rigoureux, dans lequel l’ouverture au public constitue une condition essentielle. La conservation et la valorisation des collections sont indissociables d’une politique scientifique et culturelle clairement définie.

La Fondation H, présentée par Hobisoa Raininoro, illustre une approche différente. Bien qu’elle ne dispose pas du statut de musée, elle fonctionne selon des principes comparables, en constituant une collection d’œuvres d’artistes contemporains, en organisant des expositions et en prêtant des œuvres à d’autres institutions, dans le respect des normes de conservation et de documentation.

À Madagascar, la conservation des collections s’adapte aux moyens disponibles. Elle repose notamment sur la gestion des réserves, le contrôle de l’humidité, l’inventaire, la manutention avec des équipements adaptés et l’usage de matériaux d’emballage conformes aux exigences de conservation. La valorisation des collections passe par des dispositifs accessibles au public, tels que les audioguides ou les supports sonores, dans le respect des normes déontologiques. L’appellation « musée » implique ainsi l’existence d’un projet scientifique et culturel structuré, conforme au code  de déontologie de l’Icom.

De nombreux musées publics font toutefois face à un manque de financements et de politiques de conservation, entraînant parfois leur fermeture. Malgré ces difficultés, les musées demeurent des outils essentiels de transmission culturelle, d’apprentissage et de développement économique. 

Cassie Ramiandrasoa 

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