PATRIMOINE - Le Kabary prend de l’étoffe

La fête nationale du Kabary, célébrée hier sous l’égide du ministre de la Communication et de la Culture Gascar Fenosoa, illustre la volonté de protéger et de promouvoir ce patrimoine vivant au cœur de l’identité malgache.

Le ministre Gascar Fenosoa avec des mpikabary.

La fête nationale du Kabary, qui s’est tenue hier à Havoria Anosy sous l’égide du ministère de la Communication et de la Culture, marque une étape importante dans la valorisation de cette tradition orale, reconnue patrimoine culturel immatériel par l’Unesco en décembre 2021. Véritable pilier de la vie sociale malgache, le Kabary bénéficie aujourd’hui d’un cadre institutionnel renforcé, avec des mesures visant à structurer sa pratique, à la professionnaliser et à en assurer la diffusion sur tout le territoire. 

Pour ce faire, le ministère a lancé une politique ambitieuse de réforme et de modernisation de la formation des mpikabary, visant à professionnaliser cette pratique et à en assurer la pérennité. Les programmes de formation existants ont été entièrement révisés afin de combler les lacunes, d’uniformiser les méthodes d’enseignement et de garantir une transmission rigoureuse et de haute qualité des savoir-faire traditionnels. L’Académie nationale des arts et de la culture supervise l’ensemble de ces formations et assure la reconnaissance officielle des diplômes, conférant ainsi une légitimité institutionnelle à la profession à travers le cachet rouge. La formation des formateurs constitue une priorité majeure, afin que chaque nouvel apprenant bénéficie d’un encadrement expert et solide, capable de conjuguer exigence pédagogique et respect des valeurs culturelles malgaches.

Vers la reconnaissance

Une autre mesure importante concerne la diffusion et la promotion du Kabary. La télévision nationale sera mobilisée pour offrir aux mpikabary un espace de visibilité, permettant au grand public de découvrir et de s’approprier cette tradition. Cette initiative répond à une volonté claire : que le Kabary ne reste pas cantonné aux cérémonies locales, mais devienne un outil éducatif et culturel accessible à tous, tout en préservant son authenticité et ses valeurs.

Le ministère réfléchit également à la professionnalisation du métier de mpikabary, avec des mesures envisagées et en cours, afin de permettre aux mpikabary exerçant à titre professionnel de bénéficier de dispositifs sociaux, y compris la retraite. Ces initiatives reconnaissent le Kabary comme un véritable métier, soulignant l’importance de sa pratique continue et de son rôle social dans la cohésion communautaire.

Le Kabary, pratiqué dans toutes les régions de Madagascar, constitue un patrimoine partagé, avec des variations de langue, de style et de gestuelle qui reflètent la diversité culturelle du pays. Pour valoriser ceux qui se sont distingués, le ministère a attribué des distinctions honorifiques, récompensant les mpikabary pour leur savoir-faire, leur engagement et leur contribution à la préservation de cette tradition, dont 14 Commandeurs, 36 Officiers et 183 Chevaliers de l’Ordre des arts, des lettres et de la culture. Ces distinctions vont de la reconnaissance locale aux titres nationaux, illustrant la volonté de mettre en avant l’excellence et l’exemplarité dans le domaine.

Ainsi, en associant formation, reconnaissance, diffusion et professionnalisation, le ministère de la Communication et de la Culture place le Kabary au cœur de ses priorités, assurant la pérennité de ce patrimoine et son rayonnement sur tout le territoire. Ces mesures garantissent que le Kabary reste un pilier de l’identité malgache, un outil d’éducation et de cohésion sociale, tout en offrant aux mpikabary les moyens de s’épanouir professionnellement et socialement.

Cassie Ramiandrasoa

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