Des députés déchus pour absentéisme. Ce n’est pas trop tôt. Depuis au moins seize ans, les députés assidus aux sessions parlementaires se comptent par les doigts de la main. À part la cérémonie d’ouverture et de clôture, la salle de réunion de l’Assemblée nationale est vide lors des sessions plénières. Présents ou pas, ils sont devenus fonctionnaires depuis quelques années et touchent leur
« salaire » à la fin du mois. Ils sont pourtant rétribués par les pauvres contribuables et votent souvent des lois au détriment de la population et du secteur privé, avec de nouveaux impôts et une hausse des impôts.
Seule une minorité de dix-huit à vingt députés assiste au quotidien au travail du Parlement pendant la durée d’une session ordinaire. Ainsi, plusieurs projets de loi ont été votés par une vingtaine de députés, quelle que soit leur importance. Et dire que ces lois vont gérer plusieurs secteurs de la vie de trente millions de personnes.
La seule occasion, en dehors de la cérémonie d’ouverture et de clôture, où les députés viennent en masse, est la session plénière pour le vote du budget. Non pas que ce soit important pour le pays, mais que cela permet aux députés de mettre du beurre dans les épinards déjà bien assaisonnés par les divers avantages. Eh oui, c’est le moment de la session où ils réalisent leur meilleur chiffre d’affaires.
Si on avait appliqué cette sanction prévue par le règlement intérieur depuis 2014, il ne resterait plus grand monde à Tsimbazaza.
L’opinion a toujours réclamé moins d’absentéisme et plus d’engagement de la part des députés. C’est bien de prendre des sanctions contre des élus farfelus, mais la décision semble avoir visé particulièrement certains députés qui ont été aperçus durant la dernière session parlementaire. La décision est d’autant plus révoltante qu’elle a été prise par d’autres députés qui ont été champions de l’absentéisme dans le passé.
Les donneurs de leçons sont donc mal placés pour administrer les bonnes manières, inculquer le sens du devoir, exiger la redevabilité des élus envers la population.
On ignore si la Haute Cour constitutionnelle donnera une suite favorable à cette requête du bureau de l’Assemblée nationale de destituer cinq députés dont le tort, outre l’absence, est de ne pas avoir rallié la nouvelle majorité. C’est trop politique pour être crédible.
Sylvain Ranjalahy