LAURA AINA RASOANAIVO RAZAFY - « Je vise la qualification directe pour les JO 2028 »

La judokate olympienne de Paris 2024, Aina Laura Rasoanaivo Razafy, multiple championne d’Afrique et récemment médaillée d’argent au Grand Slam de Qingdao, en Chine, entamera cette année les qualifications pour les JO de Los Angeles 2028.

Laura Rasoanaivo, l’icône du judo malgache.

Quelles sont vos ambitions pour les JO 2028, après votre première participation aux Jeux de Paris ?

Ce sera mon principal objectif pour les quatre prochaines années. Cette fois, la situation est différente parce qu’en 2024, j’ai pu me qualifier sur le quota continental. Cela a été une belle expérience, mais je suis quelqu’un qui vise toujours plus haut, avec précision et intelligence. Pour cette olympiade, l’objectif sera une qualification directe, c’est-à-dire figurer parmi les 17 premières mondiales de ma catégorie, me qualifier parmi les meilleures au monde et pas seulement en Afrique. Je suis aujourd’hui 20e mondiale. Il me reste encore quelques points à obtenir. Il faudra devenir championne d’Afrique pour la troisième fois cette année, puis en 2027 et 2028. Grâce à ces titres, je pourrai me qualifier directement, mais aussi performer au championnat du monde, aux Grands Slams et aux Grands Prix.

Quelles sont les compétitions majeures qui figurent dans votre emploi du temps cette année ?

Les qualifications officielles pour les JO débuteront à la mi-juin. J’entamerai les compétitions majeures par le championnat d’Afrique en avril, ensuite le championnat du monde en juin. Puis il y aura le Grand Slam en Suisse en août, et, comme l’an passé, le Grand Prix de Chine, le Grand Slam de Tokyo en décembre et un autre Grand Prix en novembre. En tout, il y aura six compétitions majeures.

Comment faites-vous pour avoir la force mentale et la rage de vaincre à chaque combat ?

Ce qui me distingue des athlètes africains, c’est la force mentale. Beaucoup d’athlètes malgaches ont le niveau, mais je suis très régulière et sévère en termes de discipline. Je m’entraîne toujours malgré la fatigue, les différents soucis et même si je n’en ai pas envie. Ce sont mes atouts. De plus, je ne viserai plus le podium africain, mais plutôt l’international. Et quand on vise haut, même si on tombe, on ne tombe pas très bas.

Racontez-nous un peu votre quotidien en tant qu’athlète de haut niveau?

Je m’entraîne beaucoup, deux fois par jour, avec repos total le dimanche. Le matin, je fais de la préparation physique, soit du cardio, soit du CrossFit. L’après-midi, je m’entraîne au dojo de Saint-Michel: combats et travail technique. À l’approche d’une compétition, je diminue l’intensité des entraînements. Je me concentre davantage sur la qualité, la récupération et l’hygiène de vie… Il faut bien manger, six fois par jour, boire beaucoup - trois litres par jour -, pas de sortie nocturne (rires), ne pas dépenser d’énergie pour rien, éviter les personnes porteuses d’ondes négatives, bien gérer le timing et le repos. Le sommeil est très important, tout comme le mental. Il ne faut pas s’encombrer de problèmes sans importance.

Étant encore jeune, comment gérez-vous vos études et le sport ?

Heureusement, j’ai pu trouver une alternative : des études en ligne adaptées à ma disponibilité. J’ai également pu suivre un programme du Comité international olympique sur le business afin de me préparer à la transition de ma carrière sportive à celle professionnelle. J’ai obtenu mon diplôme après un an d’études. Je vais peut-être poursuivre ma carrière professionnelle dans le domaine du judo, devenir coach, créer un dojo ou accompagner un athlète.

Quelles leçons avez-vous pu tirer de votre première participation aux JO de Paris ?

C’était mal organisé, mais je ne vais pas entrer dans les détails. Je n’étais pas encore mature et sérieuse à l’approche de la compétition, notamment sur la gestion du repos, qui est très importante, la méditation et la concentration. J’étais frustrée après le combat. J’étais prête physiquement, mais pas mentalement, alors que c’était vraiment du très haut niveau. J’étais trop stressée, je n’arrivais pas à tout gérer, car c’était ma première participation aux JO. Pour 2028, l’objectif est plus clair : la qualification directe et aller le plus loin possible. Je sais que je peux le faire parce que ces derniers temps, j’ai côtoyé des championnes olympiques et des championnes du monde, en stage ou en compétition… Je trouve que c’est faisable.

Quelles sont vos ambitions et vos projets après les JO 2028 ?

 J’aimerais poursuivre ma carrière de compétitrice de haut niveau. Mais c’est compliqué au vu des conditions des athlètes de haut niveau malgaches et africains, ne serait-ce qu’à cause du coût exorbitant des billets d’avion, notamment pour se rendre en Europe. Pour le moment, je vise les JO 2028 et on verra après. Tout dépendra des moyens et des motivations.

 Serge Rasanda

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