L’instructeur international, Jean Honoré Razafinjatovo, ancien directeur technique national et coach des grands clubs comme GNVB et Tiko SC, donne ses points de vue sur la situation actuelle du volleyball malgache.
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| Honoré Razafinjatovo, instructeur international de volleyball. |
Madagascar est limité à l’océan Indien, en sélections et clubs, quelles sont les raisons ?
C’est une question de confiance. En foot ou en basket, leur fédération respective reçoit des invitations et participe souvent aux compétitions. En volley, on ne bénéficie pas de subventions de la FIVB ou de la CAVB. Les autres disciplines collectives ont les moyens. Pourtant, il faut aussi avoir confiance au volley et le subventionner. Il faut d’abord participer aux compétitions pour pouvoir démontrer nos talents. Les filles U16 et U18 pourraient aller loin, elles ont le gabarit. Les garçons sont plutôt limités en termes de taille, avec une moyenne de 1,84 m contre le minimum de 1,93 m en Afrique. Le basket participe souvent aux compétitions internationales, leurs joueurs ont l’occasion de démontrer leur talent. Le sport malgache, en général, manque de compétitions internationales. Ces derniers temps, nous étions dominés par les Réunionnais alors que nous avons le même niveau. En outre, on manque de matériel, la fédération fait de son mieux en dotant le peu qu’elle a, mais ce n’est pas assez. Il y a aussi les contraintes de salles pour l’entraînement et les compétitions. Sans parler de l’insuffisance de formations de haut niveau. Outre les coaches et les arbitres, les joueurs ont besoin de formation.
Quelles solutions proposez-vous aux contraintes sur la relève, la multiplication des clubs et des compétitions ?
Il faut se consacrer un peu plus à la vulgarisation du volleyball des jeunes, comme le font le basket, le foot et le rugby. Les jeunes dans les régions sont attirés par ces autres disciplines collectives. Il faut redynamiser les ligues et les clubs. Je prends l’exemple du succès de l’inter-universitaire de basket «Smatch In». Les jeunes sont influencés grâce à sa popularité, puis ils intègrent les clubs. Il faut investir dans l’organisation des inter-établissements scolaires et négocier avec les écoles et les universités. Les ligues devraient vulgariser et encourager la création de clubs et l’organisation de compétitions dans leur région respective. Certaines sont fictives et n’organisent pas de compétitions. Le niveau des joueurs d’Analamanga est trop élevé par rapport à celui des autres régions. Outre GNVB, les autres institutions comme Cosfa, Cospn ou les clubs de calibre devraient se consacrer à la promotion du volleyball des jeunes. Les jeunes ne sont pas assez motivés et délaissent le volley pour poursuivre leurs études, alors qu’en basket, les jeunes arrivent à gérer basket et études.
Pourquoi le volley n’arrive-t-il pas, après tant d’années, à exploiter le beach-volley comparé au succès du basket 3x3 ou du beach-soccer ?
On manque de compétitions de qualité. En marge de ces compétitions, il faut organiser des cliniques pour les techniciens, animées par des spécialistes. La fédération se contente d’organiser les compétitions, alors qu’après chaque compétition, il faut organiser un regroupement pour bien préparer, par exemple, le rendez-vous de la zone 7. Nos joueurs se préparent seulement à la veille de la compétition. La préparation devrait être continue avec un programme bien clair. Des fois, même si on se prépare bien à l’avance, on pourrait ne pas obtenir de résultats satisfaisants. Il faut former continuellement les joueurs, non seulement les coaches et les arbitres. Il faut vulgariser et multiplier les compétitions de qualité durant la saison et éviter la monotonie.
Serge Rasanda
