FORTES PLUIES - La digue de la Sisaony à Tongoloina au bord de la rupture

La digue de la Sisaony était sur le point de céder hier. Sa rupture menaçe plusieurs hectares de rizières et des milliers de personnes. Les habitants des zones basses ont été invités à évacuer immédiatement.

Le mur de soutènement du barrage hydroagricole d’Ampahitrosy, après sa destruction. 

Danger imminent dans l’Atsimondrano. Les habitants des communes traversées par la Sisaony, à Ampahitrosy, Ampanefy, Soalandy, Soavina et Anosizato, ont été sensibilisés à quitter les zones basses hier. La digue de la Sisaony à Tongoloina était au bord de la rupture, à la suite de la destruction du barrage hydroagricole dans la nuit de vendredi à samedi.

« La population a déjà essayé de renforcer la digue avec des sacs de sable et des rondins de bois offerts par le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) depuis le week-end, mais cela n’a pas donné les résultats escomptés. Vingt mètres de la digue ont déjà été arrachés par le courant, il ne reste plus qu’un mètre d’épaisseur, et elle va probablement céder dans les heures qui suivent », témoigne une source présente sur place hier après-midi.

Le directeur général de l’Autorité de protection contre les inondations dans la plaine d’Antananarivo (Apipa), Stéphan Razafindehibe, souligne que la rupture de cette digue dépendra du volume d’eau en amont. « S’il est trop important, elle pourrait céder», explique-t-il.

Mesures

Les personnes qui ont tenté de consolider la digue ont abandonné. Leurs interventions n’ont pas servi à grand-chose. D’autres mesures ont été tentées à la suite de la descente des membres du gouvernement, dirigés par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, qui s’est dépêché sur place.

« Le véritable problème de ce barrage hydroagricole, c’est qu’il n’y a pas eu d’entretien depuis sa construction. Par conséquent, tous les évacuateurs de crues sont bouchés par des débris et des boues. La vanne est, par ailleurs, coincée. Notre mission, cette nuit, est d’enlever ces blocages et d’ouvrir la vanne afin que l’eau s’écoule normalement et qu’elle ne dévie pas trop vers la rive droite (ndlr : la partie de la berge qui menace de s’effondrer). Les travaux seront menés cette nuit (ndlr : hier) et tout le monde va se mobiliser », enchaîne le directeur général de l’Apipa.

Une autre source précise que ces mesures permettront surtout de limiter la quantité d’eau qui s’écoulera vers les rizières et qui pourrait, en cas de rupture de la digue, inonder des quartiers.

Selon le BNGRC, 1 600 hectares de rizières, 5 200 foyers et près de 20 000 habitants des communes susmentionnées seraient exposés aux inondations si la digue venait à céder.

Les communes placées sous vigilance ont déjà connu des inondations en mars 2015, lorsque la digue de la Sisaony avait cédé à Ampahitrosy. Les autorités comptaient encore sur la mise en place de moellons dès ce jour pour tenter de sauver la digue, si celle-ci n’avait pas déjà cédé.

Miangaly Ralitera

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne