ÉTATS-UNIS - Le Congrès passe au vote sur l’extension de l’Agoa

Ce texte vise à prolonger jusqu’en 2028 la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (Agoa), dont les dispositions avaient pris fin le 30 septembre 2025.

Des ouvrières dans une usine textile.

Une étape importante pour l’Agoa se joue actuellement aux États-Unis. La Chambre des représentants a entamé, ce lundi 12 janvier, le vote sur le projet de loi H.R. 6500, l’Agoa Extension Act. Ce texte vise à prolonger jusqu’en 2028 la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (Agoa), dont les dispositions avaient pris fin le 30 septembre 2025.

Pour Hery Lanto Rakotoarisoa, président du GEFP, « ce vote porte sur un renouvellement de trois ans. La procédure a été quelque peu accélérée, mais pour l’adoption du texte, il faut d’abord obtenir une majorité à la Chambre. Ensuite, le projet passera au Sénat ».

Le texte prévoit également une rétroactivité : « Les importateurs pourront récupérer les droits de douane payés depuis le 1er octobre 2025, à condition de déposer une demande auprès des douanes américaines (CBP) dans les 180 jours suivant la promulgation de la loi ». Certains frais de douane techniques seraient, par ailleurs, prolongés jusqu’au 31 décembre 2031.

Cruciale

Après son adoption en commission en décembre 2025, le projet a été inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière. Des publications spécialisées, telles que The Common Sense et Africa Intelligence, confirment que le débat et le vote sont en cours cette semaine.

Pour Madagascar, cette étape est cruciale. « Hier, une délégation malgache, composée notamment du ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison, ainsi que de représentants du ministère, du GEFP et du ministère de l’Industrie, s’est rendue à Washington», explique Hery Lanto Rakotoarisoa. Le dossier est porté par l’ambassadrice Lantosoa Rakotomalala, qui « continue de se battre activement sur le terrain ».

Il s’agit de la troisième mission de négociation pour la Grande Île, prévue pour une durée d’une semaine. La délégation mènera des actions de lobbying auprès des sénateurs américains afin de défendre les intérêts économiques du pays.

Une fois adopté par les deux Chambres, le projet de loi sera transmis au président des États-Unis. Celui-ci pourra soit le promulguer, ce qui le rendra immédiatement applicable, soit y opposer son veto. Dans ce dernier cas, le Congrès pourra passer outre avec une majorité des deux tiers dans chaque Chambre.

Cette procédure explique l’importance de la mission malgache : il ne suffit pas que le texte soit voté à la Chambre des représentants. Toutes les étapes doivent être franchies jusqu’à la promulgation afin que Madagascar bénéficie pleinement de l’extension de l’Agoa et des mesures rétroactives sur les droits de douane.

D’autres pays africains, comme le Lesotho, le Kenya ou la Tanzanie, suivent également de près le processus. Pour Madagascar, « l’issue de ce vote est déterminante pour sécuriser l’accès au marché américain, maintenir la stabilité des entreprises locales, offrir une meilleure visibilité sur plusieurs années et préserver la compétitivité », souligne Hery Lanto Rakotoarisoa.

Irina Tsimijaly

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