IAVOLOHA - Le Chef de l’État appelle à la solidarité des officiers

Comme à chaque 12 janvier, les sortants de l’Académie militaire d’Antsirabe célèbrent la Journée des officiers. Cette fois-ci, l’événement revêt une dimension particulière, avec un officier supérieur à la tête de l’État.

Séance de marche rythmée à Iavoloha, avec au milieu, le Chef de l’État et le général retraité Raveloarison.

Solidarité. Ce mot est le fil conducteur de tous les discours et de toutes les activités pour marquer la Journée des officiers, chaque 12 janvier. C’était encore le cas hier au palais d’État d’Iavoloha.

Dans son allocution pour donner le coup d’envoi de la cérémonie, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, n’a pas dérogé à la « tradition ». Il a lancé un appel à la cohésion des officiers des Forces armées, ces derniers ayant été massivement présents à l’événement. Comme l’a noté le président de la Refondation de la République : « Le but est de montrer que ce sont désormais nous, les officiers, qui sommes au pouvoir. Que nous, les officiers, sommes ceux sur qui le peuple fonde son espoir ».

Le 12 janvier a été érigé en Journée des officiers, en l’honneur du 12 janvier 1967, qui marque le début de la formation des quarante premiers élèves-officiers ayant constitué la première promotion de l’Académie militaire (ACMIL) d’Antsirabe, le but étant de renforcer la fraternité et la cohésion entre les officiers de toutes armes et de tous grades. Chaque année, le Président, qui, selon la Constitution, est le Chef suprême des Forces armées, prend part à l’événement de différentes manières.

Cette année, la Journée des officiers se tient dans un contexte particulier. D’abord, pour la première fois depuis plusieurs décennies, un officier supérieur en exercice est à la tête du pays, avec à ses côtés quatre autres officiers supérieurs qui siègent comme hauts conseillers de la Refondation. Par ailleurs, sa prise de pouvoir s’est déroulée à l’issue d’une crise durant laquelle il y a eu des frictions dans les rangs des Forces armées, notamment entre les officiers.

Il y a eu l’épisode du désaveu du commandement par leurs cadets, qui a conduit à un changement express du commandement militaire, ou encore celui où un officier général a fait une déclaration sur la place du 13-Mai pour contester les nouveaux tenants du pouvoir. Par ailleurs, des officiers et officiers supérieurs ayant été au front durant les manifestations ont fait l’objet de vives critiques de la part de l’opinion publique. Il y a aussi le cas du général à la retraite Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat.

Enjeu

Le contexte du moment pourrait expliquer les propos du colonel Randrianirina, hier. « Pour la patrie » est la devise que nous martelons depuis l’Académie. La patrie est désormais entre nos mains. Je compte donc sur vous pour nous soutenir, pour nous pousser à élever la grandeur des Forces armées, car ce sont bien les Forces armées qui ont sauvé ce pays, soutient alors le locataire d’Iavoloha.

De prime abord, la présidence de la Refondation de la République a voulu matérialiser cette volonté de fédérer à sa cause la grande famille des officiers des Forces armées, hier. Toutes les promotions de l’Académie militaire d’Antsirabe y ont été représentées, même la première promotion, par le biais du général retraité Léon Claude Raveloarison. D’anciens ministres, de hauts responsables étatiques ayant fait leurs armes à l’ACMIL mais qui sont revenus à la vie civile, ont aussi été présents.

L’événement d’hier a également été l’occasion pour ceux issus de la 23e promotion de l’ACMIL de faire corps autour de leur copromotionnaire, le colonel Randrianirina. Après l’événement d’Iavoloha, le Chef de l’État et le commandement militaire se sont rendus à l’Académie militaire, à Antsirabe. L’image de la poignée de main entre le colonel Randrianirina et le général Lala Monja Delphin Sahivelo, dernier ministre des Forces armées du gouvernement Ntsay, a été mise en avant sur la page Facebook de la Présidence.

À l’Académie militaire, le Chef de l’État a réitéré le fait que ce sont désormais les officiers qui sont aux manettes du pays et qu’ainsi, la population attend beaucoup d’eux. Les attentes sont effectivement grandes sur la nouvelle administration étatique. Depuis la prise de pouvoir du colonel Randrianirina, plusieurs officiers généraux et officiers supérieurs ont été nommés à des postes stratégiques. La mise en avant de la solidarité dans les rangs des officiers et des Forces armées, dans l’ensemble, revêt également un enjeu de stabilité et de sécurité pour les tenants du pouvoir.

Les discours et les déclarations à la presse de l’officier supérieur, ainsi que d’autres hauts responsables, indiquent que la hantise d’une destitution par des voies extralégales plane. L’existence présumée d’armes ayant été introduites illicitement dans le pays est, par exemple, le motif avancé pour expliquer les multiples perquisitions menées par les autorités, des perquisitions qui n’ont abouti à aucun résultat probant jusqu’ici.

Garry Fabrice Ranaivoson

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