ÉDUCATION - Des programmes scolaires non adaptés aux réalités

Des élèves d’une école primaire.

Le système éducatif du pays continue de faire face à un décalage persistant entre les programmes scolaires et les besoins réels des élèves. Dans de nombreuses établissements, les enseignements restent très théoriques et éloignés de la vie quotidienne des étudiants. Cette approche rend difficile la préparation des jeunes aux réalités du marché du travail ou à la résolution des problèmes dans leur communauté, note un technicien de l’éducation, hier.

Les matières enseignées sont souvent axées sur la mémorisation, sans lien direct avec les compétences pratiques dont les élèves auraient besoin.

Ce déséquilibre affecte la motivation et les performances scolaires. Nombre d’élèves se montrent désengagés, faute de percevoir l’utilité concrète des connaissances acquises. De leur côté, les enseignants, soumis à des programmes lourds et rigides, éprouvent des difficultés à adapter leurs pratiques pédagogiques aux besoins des élèves, en particulier dans les zones rurales où les ressources éducatives restent insuffisantes.

Absence de lien

Dans les zones rurales, l’absence de lien entre les programmes scolaires et le quotidien des élèves est particulièrement frappante. Selon Lanto, élève en classe de seconde : « Nous étudions de nombreuses notions théoriques, mais presque rien sur la culture de nos champs ou l’élevage de nos animaux. Pourtant, c’est ce que nous voyons et faisons tous les jours à la maison. Si l’école nous enseignait ces compétences, nous serions mieux préparés à aider nos familles et à développer nos communautés ».

Ce témoignage met en évidence la nécessité d’intégrer davantage de contenus pratiques liés à l’agriculture, à l’élevage et aux réalités culturelles locales, afin que l’école reflète davantage la réalité.

La modernisation des programmes scolaires apparaît comme un enjeu majeur pour le développement national. « Il est essentiel d’intégrer davantage de savoir-faire pratiques, de compétences numériques et de formation citoyenne. Adapter les programmes aux réalités locales, à la diversité culturelle et aux besoins économiques des régions permettrait de renforcer l’employabilité des jeunes et leur participation active dans la société », poursuit notre interlocuteur.

Le programme scolaire pourrait également changer, selon une déclaration du président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, en novembre 2025. « Nous leur apprenons les histoires des pays étrangers, comme la France, les États-Unis, l’Allemagne, la Première et la Deuxième Guerre mondiale, mais nous ne connaissons même pas ce qui s’est passé dans la région Menabe ou à Fianarantsoa », poursuit-il.

Mialisoa Ida 

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