Un sujet gênant. C’est le sentiment perçu durant le petit déjeuner de presse organisé par le ministère d’État auprès de la Présidence chargé de la refondation, hier à Ambohitsorohitra, lorsqu’une question sur Andry Rajoelina, ancien président de la République, a été posée.
La question a concerné la possibilité ou non pour l’ancien locataire d’Iavoloha de prendre part à la concertation nationale. Maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État auprès de la Présidence chargée de la refondation, hier, a en effet insisté sur le caractère inclusif du processus. « Tout le monde peut et doit participer à la concertation nationale, tous les partis politiques. Mais tout le monde doit savoir aussi que nous cherchons l’apaisement et la stabilité », nuance-t-elle cependant.
Selon la membre du gouvernement, « les griefs de la population envers l’ancien Président ont été la cause des manifestations qui ont mené à son départ du pouvoir et du pays ».
En rappelant les réactions mitigées sur son invitation à l’ouverture de la concertation nationale, en décembre, elle laisse entendre que la participation de l’ancien Chef d’État aux débats pourrait ne pas faire l’unanimité.
L’avocate ajoute aussi que « chacun doit aussi s’interroger s’il remplit tous les critères pour y prendre part ». Le fait que la concertation nationale soit « un processus malgache, entre Malgaches » a été souligné, hier. La ministre d’État note alors le fait qu’Andry Rajoelina ait été déchu de sa nationalité malgache. Pour se débarrasser de la patate chaude, la membre du gouvernement indique, néanmoins, « qu’il appartiendra aux participants de décider qui pourra ou ne pourra pas prendre part ».
Garry Fabrice Ranaivoson
Une concertation nationale ne se conçoit avec un ancien président avec des procès inévitables pendus sur sa tête . Il a du sang sur les mains , il s'est enrichi sans vergogne , il a détruit le pays et il a appauvri les Malgaches . Depuis la Transition de Rajoelina, Madagascar n’a pas été gouverné : il a été organisé, catégorisé, cartographié comme un gigantesque territoire de chasse réservé à une poignée d’initiés. Le palais n’était pas une institution mais une infrastructure criminelle.Les membres du cabinet n’étaient pas des techniciens ; ils étaient les douaniers de l’accès au Chef, les gardiens du temple de la prédation. Dans le même panier à crabes, les agents de renseignement étaient devenus les gardes du corps d’un système corrompu, chargés d’identifier les opposants, d’étouffer les dénonciations, de surveiller les fonctionnaires honnêtes, de neutraliser les journalistes et lanceurs d’alerte trop curieux. Les services de renseignement étaient des garde-côtes de privilèges. Dans tout État failli, le renseignement devient un instrument politique. Dans celui-ci de Rajoelina, il était devenu une milice silencieuse, spécialisée dans la manipulation d’enquêtes et la destruction de preuves.
RépondreSupprimerLe régime de Rajoelina et Ravatomanga avait besoin de tentacules, des hommes de main intermédiaires, des prête-noms financiers. Ils s’appelaient « opérateurs », « partenaires », « investisseurs » . Sociétés-écrans, comptes offshore, virements triangulaires : la cartographie financière de Madagascar ressemble aujourd’hui à une toile d’araignée tissée autour d’un peuple prisonnier. Des kilos d’or quittent le territoire chaque semaine sous le regard complice d’agents publics qui n’ont qu’une mission : tamponner et encaisser.Une liquidation judiciaire de la souveraineté nationale. La révolution initiée par la Gen-Z devrait aboutir à une transition dont la mission était de nettoyer, clarifier, rétablir, reconstruire. Dans ce marécage politique, quelques ministres se distinguent par un courage qui dépasse la norme, s’attaquant à des dossiers que personne n’osait toucher, à commencer par le nœud Ravatomanga, symbole d’un système tentaculaire. Il reste encore les rats à éradiquer, ayant quittés précipitamment le navire orange et qui se pavanent dans leurs butins, croyant être à l’abri de la Dame de Fer de la Justice et que la concertation nationale est censée faire le tri !
La republique ne s'accommode pas avec l'impunité surtout avec ce voleur , un tyran sanguinaire en fuite à Dubaï !