CARBURANT - Le gouvernement paie les dettes des compagnies pétrolières

Le ministre de l’Énergie, Ny Ando Jurice Ralitera, prend les devants pour assainir les finances de son secteur.

Les dettes se résorbent. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Ny Ando Jurice Ralitera, a annoncé, lors de son passage à la télévision nationale le 28 janvier, que le gouvernement avait lancé un plan pour régler les dettes accumulées auprès des compagnies pétrolières et assainir les finances du secteur.

« Nous travaillons sur le développement des activités, le remboursement des dettes des fournisseurs de carburant et l’assainissement des dettes croisées », a déclaré le ministre. Ces dettes croisées correspondent aux sommes que l’État doit aux pétroliers pour les aides accordées, tandis que les compagnies doivent des taxes et redevances à l’État.

Plan d’assainissement

Au 29 mars 2025, l’État devait environ 256 milliards d’ariary aux pétroliers. De leur côté, les compagnies devaient encore 462 milliards d’ariary à l’État, principalement sous forme de taxes, contributions et redevances. Ces dettes sont le résultat de subventions sur le prix des carburants, mises en place pour limiter l’impact des hausses internationales sur les consommateurs.

Pour résoudre ce problème, l’État et les pétroliers ont signé un protocole d’accord. « Cet accord prévoit la collecte progressive des taxes par les pétroliers et le paiement par l’État, tout en respectant nos engagements avec des institutions comme le FMI », a expliqué le ministre. La réforme prévoit également une fixation progressive et transparente des prix du carburant afin de limiter l’accumulation de nouvelles dettes.

Le plan d’assainissement s’étend aussi à la Jirama. « Nous promouvons les énergies renouvelables, rénovons et entretenons les centrales hydroélectriques, et travaillons à la réduction des pertes techniques et à la bonne gouvernance », a précisé Ny Ando Jurice Ralitera. La Jirama doit encore gérer un déficit opérationnel prévu pour 2025 de 1 030 milliards d’ariary, tandis que la dette accumulée à fin 2024 s’élevait entre 2 500 et 2 784 milliards d’ariary.

Cette régularisation a permis de restaurer la confiance des partenaires internationaux de Madagascar, tels que le FMI. Elle ouvre également la voie au pays pour bénéficier à nouveau de financements importants comme la FEC (Facilité élargie de crédit) et la FRD (Facilité pour la résilience et la durabilité). Ces fonds soutiennent des projets stratégiques, notamment dans le secteur de l’énergie, et contribuent à sécuriser l’approvisionnement et la stabilité financière du pays.

Irina Tsimijaly

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