ANTSIRANANA - L’agribusiness au cœur de la stratégie de développement régional

Des autorités des deux régions sont présentes à l’ouverture de ces assises et sont prêtes à soutenir le projet.

Agriculteurs, opérateurs privés, producteurs, associations, coopératives et partenaires techniques, issus de deux régions, Sava/Diana, se sont donné rendez-vous dans la capitale du Nord lors des assises régionales de l’agribusiness afin de jeter les bases d’un développement agricole plus structuré, compétitif et créateur d’emplois.

Dans les deux régions, où l’agriculture et l’élevage constituent l’épine dorsale de l’économie locale, le développement de l’agribusiness est également perçu comme une réponse structurelle au chômage des jeunes et à la précarité en milieu rural.

La région Diana, dotée d’un fort potentiel en cultures de rente, en élevage et en agro-industrie, se positionne comme un pôle stratégique pour la transformation et la commercialisation des produits agricoles du Nord. Riz, maïs, manioc, canne à sucre, fruits tropicaux et produits d’élevage offrent des opportunités importantes de création de valeur ajoutée.

Tandis que dans la région SAVA, mondialement reconnue pour la vanille, mais également riche en cultures de cacao, café, girofle, riz et produits forestiers, l’enjeu de l’agribusiness réside dans la diversification et la montée en gamme des filières.

Toutefois, les attentes sont élevées. Les producteurs et organisations paysannes attendent des mesures tangibles et un suivi rigoureux des engagements pris. Les prochaines étapes seront déterminantes pour mesurer la crédibilité de cette dynamique politique.

Vulnérabilité

Réunissant une diversité d’acteurs clés du monde agricole, les débats ont mis en évidence les défis spécifiques à la région, notamment l’insuffisance des infrastructures de production et de transformation, les difficultés d’accès à l’énergie, l’enclavement de certaines zones rurales et la vulnérabilité aux aléas climatiques, qui freinent encore l’essor du secteur.

D’emblée, nombre d’intervenants ont fait remarquer que les assises se sont toujours succédé au fil des années, mais que le véritable problème réside dans leur mise en œuvre. D’autres ont exprimé ouvertement l’absence de réelle volonté politique de changer les choses. Trop souvent, ces rencontres donnent l’impression de se limiter à des exercices théoriques, sans suites concrètes sur le terrain. Les assises passées sont ainsi perçues par certains comme de simples occasions de dépenses, sans retombées tangibles pour les populations.

Du côté des responsables issus du ministère, il a été précisé que les assises organisées à Antsiranana viennent clore une série de cinq consultations régionales déjà menées, en prélude aux assises nationales finales. Cette rencontre vise une prise de décision concertée et une analyse commune des problèmes et des solutions, conformément aux démarches habituelles de relance économique. Toutefois, il insiste sur le fait que, cette fois-ci, les résultats attendus devront bénéficier directement à la population, répondre aux attentes des producteurs, générer des revenus au niveau des ménages et des individus, et produire un impact positif à l’échelle nationale.

 « Il ne s’agit donc plus de se contenter de solutions élaborées autour d’une table, mais bien de réponses concrètes et opérationnelles sur le terrain. L’objectif affiché est de mettre en place des solutions à fort impact local, capables de répondre aux différents besoins liés à la production, d’améliorer les rendements et d’apporter des effets immédiats sur les divers secteurs d’activité », a expliqué Andrianjaka Randrianarivelo, conseiller technique auprès du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Il a pris pour exemple que le développement de l’exportation de viande de chèvre et de mouton nécessite impérativement la construction d’abattoirs implantés localement.

Raheriniaina  

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