Les jeunes de la génération Z de l’Université d’Antsiranana alertent sur la dégradation de leurs conditions de vie. Ils dénoncent surtout les coupures répétées d’eau et d’électricité.
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| Les représentants de la GEN Z de l’université d’Antsiranana menacent de reprendre la manifestation dans la rue. |
Face à la dégradation continue des conditions de vie et au manque de perspectives, les jeunes de l’Université d’Antsiranana, connus sous l’appellation Gen Z, lancent une nouvelle alerte sur les défis socio-économiques et politiques, appelant à des réponses urgentes et concrètes de la part des dirigeants.
Encore victimes de la dégradation persistante de l’accès à l’eau et à l’électricité, ces étudiants sont une nouvelle fois montés au créneau pour exprimer leur profond mécontentement face à la situation actuelle. À travers plusieurs déclarations, ils ont fait part de leurs inquiétudes quant à la mauvaise gestion persistante de l’approvisionnement en électricité dans la ville d’Antsiranana, une situation qu’ils jugent en totale contradiction avec les promesses annoncées.
Certes, des actes qualifiés de caritatifs ont été entrepris par le pouvoir actuel en leur faveur, notamment l’installation de forages, la dotation de matelas, de vivres et de matériels divers. Toutefois, les étudiants soulignent que ces gestes ne répondent en rien à leur revendication principale : l’accès régulier à l’électricité et à l’eau potable. La Jirama indique que seuls 3 mégawatts étaient disponibles pour des besoins de la population estimés à 11 mégawatts, ce qui a provoqué les perturbations de la semaine dernière.
Réalité
Faute de solutions concrètes et durables, ils préviennent qu’ils pourraient reprendre prochainement les manifestations. Les déclarants refusent que le silence et l’inaction deviennent la norme face à cette crise.
« Pourquoi l’électricité n’a-t-elle pas été coupée lors des deux jours de visite du Président de la Refondation de la République à Antsiranana, alors qu’à peine parti, les coupures de courant et d’eau ont repris et se sont même aggravées ? », s’est interrogé Jakoba, l’un des porte-parole de la génération Z, dans une déclaration commune.
À ce stade, ces étudiants affirment s’appuyer sur des faits bien réels. Acteurs à part entière des mouvements ayant accompagné le processus de refondation du pays, ils soulignent que leurs revendications ne concernent pas uniquement les étudiants, mais l’ensemble de la population d’Antsiranana. La réalité vient d’ailleurs conforter les propos du maire Jean-Luc Désiré Djavojozara, qui avait dénoncé une classe dirigeante davantage préoccupée par les honneurs et les postes politiques que par la transparence envers les citoyens. Dans ce contexte, une grande partie de la population salue le courage de ces jeunes qui osent tirer la sonnette d’alarme.
La situation socio-politique de la région devient également de plus en plus préoccupante pour la jeunesse universitaire. Par ailleurs, la récente controverse autour de la nomination du futur chef de la région Diana a également été évoquée. Dans leur message adressé au Président de la Refondation de la République, les étudiants estiment que seuls les aînés qui se sont battus à leurs côtés et ne les ont jamais abandonnés devraient accéder à ce poste stratégique. Une question qui mérite, selon eux, une attention particulière, d’autant plus que certains de ces acteurs ont été incarcérés ou démis de leurs fonctions durant les revendications. Cette alerte se veut un appel à la responsabilité collective et à des actions urgentes.
Raheriniaina
