Le mauvais état de la route Ambilobe–ex-Sirama complique fortement le quotidien des habitants de six communes. En saison des pluies, les déplacements deviennent presque impossibles.
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| Les taxis-bajaj et les taxis-moto tentent de soulager les riverains, malgré la route boueuse. |
Le mauvais état de l’axe routier Ambilobe–ex-Sirama est devenu une véritable épreuve pour les populations de six communes concernées. Nids-de-poule béants, tronçons impraticables et boue en période de pluies transforment les déplacements en un parcours du combattant sans fin, avec de lourdes conséquences sociales et économiques.
Long d’environ 25 kilomètres, cet axe, pourtant économique, devient un véritable calvaire durant la saison des pluies. Seuls les tracteurs et Kubota sont adaptés à la situation. Les taxis-brousse mettent plus de deux heures pour parcourir ce tronçon. Les taxis-bajaj et taxis-moto tentent bien de soulager les riverains, mais la surcharge sur une route boueuse complique les traversées. Les passagers peinent à avancer, exposés en permanence au risque d’accident. Pour les familles dans des endroits reculés, se rendre à l’hôpital, à l’école ou au travail devient un défi permanent.
Retards à répétition, pannes fréquentes et hausse continue des coûts de transport rythment le quotidien des usagers, transporteurs, agriculteurs et commerçants. Les véhicules s’usent prématurément, les marchandises arrivent souvent endommagées, tandis que les prix des produits de première nécessité flambent sur les marchés locaux.
Absence de cahier des charges
Les paysans sont parmi les plus touchés. Faute de routes praticables, l’acheminement des produits agricoles vers les centres urbains est fortement perturbé. Des récoltes pourrissent sur place ou sont bradées à vil prix, aggravant la précarité des ménages déjà vulnérables.
Au-delà de l’impact économique, l’enclavement accentue le sentiment d’abandon. Les populations dénoncent le manque d’entretien et l’absence de solutions durables, malgré les multiples promesses.
En toute logique et conformément aux principes d’équité, c’est l’usine Sucoma ex-Sirama qui devrait assurer la réhabilitation de cette route. Toutefois, l’entreprise se limite jusqu’ici à une attitude attentiste, en raison de l’inexistence totale d’un cahier des charges qui devait être clairement défini dès le départ. Aucune convention, aucune responsabilité, aucune réparation.
« Aucun document de ce type n’a jamais été établi depuis l’arrivée des investisseurs chinois de la Sucoma, alors même qu’un tel cahier aurait dû être élaboré avant toute installation », affirme le maire de la commune urbaine d’Ambilobe, Zella Carborel, interrogée sur ce sujet. Toujours d’après cette dernière, cette entreprise chinoise n’assume aucune responsabilité civile. Elle ne verse ni ristournes, ni taxes sur l’eau, ni redevances liées à l’extraction de sable.
Pourtant, sur cet axe vital pour six communes rurales, la société exploite, ses camions surchargés détruisent la route, pendant que l’État ferme les yeux depuis des années et laisse les populations payer le prix fort. Or, l’usine produit plus de soixante mille tonnes de sucre par an.
La dégradation avancée de cette route stratégique révèle donc un grave laisser-faire politique et une défaillance manifeste de l’État face à une entreprise étrangère.
Raheriniaina
