PRIX DE LA CONNEXION INTERNET - Madagascar vise le top 50 des pays les plus accessibles

Madagascar aspire à une connexion Internet moins chère.

Un objectif ambitieux. Selon une source auprès du ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications, Madagascar ambitionne de rejoindre le cercle des pays où l’accès à Internet est le plus abordable au monde. Ce serait dans cette optique que l’État engage, depuis le mois dernier, des négociations avec les opérateurs pour une baisse des tarifs.

« Une diminution des tarifs de la connexion Internet commence à être constatée. L’objectif est d’avoir une baisse durable des tarifs afin qu’ils correspondent au pouvoir d’achat des ménages malgaches, tout en maintenant et même en améliorant la qualité des offres », indique la source. Elle assure qu’aucune contrepartie, ni faveur particulière n’a été accordée aux opérateurs en échange de la baisse des tarifs. Elle ajoute également que l’État n’a pas imposé de prix et laisse à chaque opérateur le soin de fixer ses tarifs en fonction de ses capacités et de ses stratégies commerciales.

Selon les sites spécialisés, la Grande Île est à la 106e place sur un classement de deux cent trente-sept pays, avec 1,12 dollar le prix du gigaoctet. Pour faire partie du top 50 des pays où les tarifs de la connexion Internet sont les plus abordables, il faudra que le prix du gigaoctet à Madagascar baisse à 0,54 dollar. Le débat sur les tarifs Internet a été lancé sur Facebook par des créateurs de contenu. Le sujet a fait tache d’huile jusqu’à devenir un enjeu d’État. Il a même fait l’objet d’une émission spéciale sur la radio et la télévision publiques, impliquant quatre ministres, la semaine dernière.

Accessibilité

Les nouveaux tarifs annoncés par les opérateurs en télécommunications ne satisfont pas les usagers, pour l’heure. Selon la source ministérielle, l’État mise sur la promotion de la concurrence pour convaincre les acteurs du secteur de faire plus d’efforts. Elle explique, par ailleurs, que concernant le débat lancé sur Facebook, l’État a saisi la balle au bond afin de démocratiser l’accessibilité à Internet et la technologie digitale. Vu sous cet angle, se concentrer sur la seule baisse des tarifs Internet n’est pas suffisant. Le prix des appareils qui permettent un accès optimal au monde 2.0 reste hors de prix à Madagascar.

Par ailleurs, une éducation au digital et à son potentiel s’impose. Pour la majorité des utilisateurs malgaches, Internet se résume aux réseaux sociaux, notamment à Facebook, et aux divertissements. Du reste, certains appréhendent que l’initiative gouvernementale ne tende vers un populisme. À entendre les discours jusqu’ici, les négociations porteraient essentiellement sur les tarifs de la connexion Internet mobile. Pour l’heure, la question de l’Internet fixe, via fibre optique notamment, est inaudible dans les débats. L’inclusivité digitale ne se résume pas à l’accès aux réseaux sociaux.

Garry Fabrice Ranaivoson

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