La Rue publique

On doit avancer. Le slogan n’est pas du tout mauvais, mais il a failli dans son application. On a préféré les paillettes et les fêtes au détriment des besoins vitaux et indispensables. Les manifestations de la GEN Z réclamaient le changement sur tous les plans, mais pour le moment, il y a loin de la coupe aux lèvres. Le changement n’est plus seulement constitué par le spoil system, la chasse aux sorcières comme c’est toujours le cas quand l’alternance se fait à coups de violences et par la manière forte depuis la première République. 

C’est du moins ce que l’on constate actuellement en reprenant exactement les mêmes manières qu’on dénonçait dans les manifestations. Certes, certaines choses doivent être faites rapidement pour que la population sente le changement au niveau des dirigeants. Des départements vont ainsi plus vite que d’autres. Mais il n’est pas certain que toutes les mauvaises manières ont été abandonnées à la lumière de la nomination des membres du gouvernement et des directeurs au sein des ministères. Visiblement les parachutages et les parrainages n’ont pas encore fait leur temps. En outre, certains sont passés maîtres en changement de veste aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les déclarations et les communiqués. Il n’y a aucune dignité,  aucun sens de l’honneur, aucune éthique. 

La population n’est pas en reste. Profitant du flottement au niveau du pouvoir et du chamboulement de l’administration, chacun fait ce qui lui plaît. Les marchands sont revenus à leur chère patrie, à leur rue publique dès que les autorités municipales baissent la garde. À Iavoloha, la rue menant vers le palais présidentiel sert de marché quotidien alors que les taxis-be sont revenus à leur terminus ancestral. À Mahamasina, l’axe longeant la Cité Jardin est repris par les marchands au grand désespoir des habitants. Sans oublier, bien évidemment, Analakely et Behoririka où les marchands sont rois, les clients des valets.

Puis, des décisions comme la suspension de la police de la route n’a pas manqué de surprendre l’opinion en cette période d’instabilité et d’insécurité. On ignore la portée d’une telle décision à un moment où l’on s’attendait à ce qu’on serre la vis.

Si c’est ce qu’on appelle refondation, il s’agit d’un nouveau synonyme d’anarchie.

Sylvain Ranjalahy 

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