TRAITE HUMAINE - Vingt policiers formés par le FBI

Deux experts du FBI accompagnent des policiers à Antanimora pour renforcer la lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants.

Les  policiers du SCPAF et leurs formateurs du FBI, hier à Antanimora.

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a envoyé deux spécialistes pour une mission de formation à Madagascar. Depuis hier, ils encadrent à Antanimora vingt agents du Service central de la police de l’air et des frontières (SCPAF), dont deux femmes, dans le cadre d’un programme sur la lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants.

Organisée au sein de la Direction de la recherche et de la formation continue (DRFC) du ministère de la Sécurité publique, cette formation de quatre jours, menée en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), renforce les capacités de la police dans l’identification et l’investigation de ces crimes complexes. Les cours, dispensés par les cadres du FBI, s’appuient sur des cas concrets et des méthodes éprouvées à l’international.

Selon le rapport 2024 du Département d’État des États-Unis sur la traite des personnes, Madagascar reste classé parmi les pays sous surveillance, à cause de lacunes persistantes dans la lutte contre ce crime.

Protection pour les victimes

Le document indique que, pour la troisième année consécutive, aucune condamnation n’a été prononcée contre des auteurs de traite, malgré des cas avérés. Il pointe également la complicité de certains agents publics dans des affaires de traite, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée, ainsi que l’insuffisance des services de protection pour les victimes, principalement en dehors de la capitale.

Des enfants continuent d’être exploités sexuellement, surtout dans le secteur touristique, tandis que la confusion entre traite des êtres humains et autres infractions comme la violence basée sur le genre entrave les enquêtes et les poursuites.

Face à ces constats, la formation en cours apparaît comme une réponse concrète aux besoins urgents de professionnalisation et de coordination. Elle s’appuie sur l’expertise internationale et l’implication des policiers pour renforcer la lutte contre les atteintes à la dignité humaine.

Les instructeurs du FBI ont insisté sur la nécessité de traduire les acquis en actions tangibles sur le terrain.

Haja Léo

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