e rêve continue. Après la médaille d’argent des Barea à la CHAN après avoir tenu la dragée haute aux Marocains, donnés favoris à 1 contre 1, on se croit tout permis désormais. Les Marocains sont d’ailleurs les premiers qualifiés d’Afrique au Mondial 2026, menant avec 18 points dans le groupe E devant la Tanzanie.
Le duel est serré dans le groupe I. Le Ghana est en tête avec 16 points, suivi des Comores, vainqueurs du Centrafrique 2 à 0 hier, avec 15 points. Les Barea pourront reprendre la seconde place s’ils battent les Sao du Tchad. Les Ghanéens et les Maliens, les deux caïds du groupe, s’affrontent dans un match à couteaux tirés. Mathématiquement, tout reste possible. Les Barea pourraient jouer la « finale »
contre les Aigles du Mali. Comme seul le premier de chaque groupe est directement qualifié pour la phase finale au Mexique, au Canada et aux États-Unis, du 11 juin au 19 juillet 2026. Les deux meilleurs deuxièmes seront ensuite repêchés pour des barrages.
Pour la première fois, le Mondial réunira quarante-huit équipes. Ce qui offre une réelle chance d’y participer, excepté quelques pays comme la Russie, le Congo et l’Inde exclus par la FIFA.
La quantité risque ainsi d’avoir un impact négatif sur la qualité, étant donné l’énorme différence de niveau entre les équipes. En 1974, en Allemagne, le Zaïre, deuxième pays africain qualifié au Mondial, avait essuyé une cuisante défaite de 0 à 9 face à la Yougoslavie. En 1982, en Espagne, le Salvador s’est fait étriller 1 à 10 par la Hongrie, quand le Mondial a vu pour la première fois la participation de vingt-quatre équipes.
Parmi les pays déjà qualifiés figurent l’Ouzbékistan et la Jordanie, dont ce sera la première participation. Soit ils seront des révélations du tournoi, soit ils seront des bonnets d’âne à l’heure du bilan.
Les Barea pourraient participer à la fête, mais la qualification est une chose, la phase finale en sera une autre. Jusqu’à maintenant, l’équipe de Corentin Martins et les dernières victoires sont loin d’être synonymes d’un niveau à même de tenir tête aux équipes déjà qualifiées comme le Brésil ou la Corée du Sud.
Les Barea ont beaucoup de chemin à faire, il n’y a pas de honte à le dire. Il faut que la qualification soit la combinaison d’une qualité de jeu et d’une véritable combativité. Il faut savoir que le niveau physique d’un Mondial n’a rien à voir avec les matches éliminatoires où l’on marche plus qu’on ne court. Spormidablement.
Sylvain Ranjalahy