NDRANTO RAKOTONANAHARY  - « Nous méritons d’être parmi les meilleurs du continent »

Ndranto Rakotonanahary, coach assistant des Ankoay, livre sans détour son analyse sur la participation malgache à l’Afrobasket et parle des perspectives d’avenir.

Ndranto Rakotonanahary est très direct dans ses réponses.

L’Afrobasket s’est achevé sur le sacre de l’Angola. Quel regard portez-vous sur le niveau affiché par Madagascar par rapport à ses adversaires ?

La Fédération, les techniciens et les joueurs ont consenti de grands efforts, et la qualification à l’Afrobasket en est la preuve. Lors des phases qualificatives, nous avons affronté des nations majeures comme la Côte d’Ivoire, l’Égypte et la République centrafricaine. Ces confrontations étaient loin d’être gagnées d’avance, mais nous avons su arracher notre place. Lors de l’Afrobasket, nous avons démontré que le basketball malgache évolue dans la bonne direction. Nous avons tenu tête au Nigeria pendant 20 minutes, résisté au Cameroun tout au long du match, et rivalisé avec la Tunisie pendant deux quarts-temps avant de flancher. Certes, les résultats ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions, mais nous avons prouvé que nous méritons notre place parmi les 16 meilleures équipes du continent.

Madagascar termine 14e et reçoit le trophée Fair-play. Comment jugez-vous le parcours des Ankoay ?

Quatre équipes n’ont pas réussi à remporter de victoire lors de cet Afrobasket : le Rwanda, l’Ouganda, la Libye et Madagascar. Ces formations appartiennent toutes au chapeau 4, c’est-à-dire les équipes présumées les plus faibles parmi les qualifiées. Se qualifier parmi les 16 est une chose, mais battre les grandes nations en est une autre. Pour progresser, il nous faudra plus de constance et surtout une remise en question collective et individuelle.

Contre le Nigeria et surtout contre le Cameroun, la victoire semblait proche. Qu’a-t-il manqué ?

La clé réside dans la régularité et l’exigence au quotidien. Cette génération a désormais des repères grâce aux qualifications et à l’Afrobasket. Elle doit capitaliser sur cette expérience et comprendre que le haut niveau ne pardonne pas. Le talent seul ne suffit pas. Il faut du caractère et de la persévérance pour franchir un palier.

Certains supporters estiment que des erreurs de coaching ont coûté cher. Votre réaction ?

C’est une tendance bien connue : les victoires sont attribuées aux joueurs, les défaites au staff. Pourtant, les résultats doivent être assumés collectivement. Cette édition était la première avec un nouveau coach principal. Nous n’avons eu qu’un mois de préparation, insuffisant pour bâtir une véritable identité de jeu. Constituer une équipe compétitive demande du temps. La continuité est essentielle si l’on veut construire un projet solide. Bien sûr, cela implique aussi une autocritique du staff, mais le processus doit s’inscrire dans la durée.

Madagascar peut-il un jour viser le titre continental ?

Soyons honnêtes : viser le titre continental n’est pas pour tout de suite. Notre mission prioritaire est de rester parmi les 16 meilleures équipes d’Afrique. Une fois dans ce groupe, nous avons l’assurance de participer aux Qualifiers pour les quatre prochaines années, que ce soit pour l’Afrobasket, la Coupe du Monde ou les Jeux Olympiques.

Depuis l’instauration du nouveau format, accéder à ce cercle fermé est déjà un exploit. Les phases qualificatives sont extrêmement relevées. À mon humble avis, il est essentiel de réitérer cet exploit de qualification, de participer régulièrement à l’Afrobasket, et de progresser année après année.

Le basketball malgache a du potentiel. Il nous appartient de le révéler, de le structurer et de le faire grandir. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons un jour écrire une nouvelle page de notre histoire sur la scène africaine.

Donné Raherinjatovo

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne